Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie ont décidé de mobiliser 400 millions de barils issus de leurs réserves stratégiques afin de contenir les tensions provoquées sur les marchés pétroliers par la guerre au Moyen-Orient.
Cette action collective d’urgence, approuvée à l’unanimité lors d’une réunion extraordinaire tenue mardi, constitue la plus importante libération coordonnée de stocks jamais décidée par l’organisation, selon un communiqué publié mercredi par l’agence basée à Paris.
Convoquée par le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, cette réunion visait à évaluer l’ampleur des perturbations sur le marché mondial du pétrole et à examiner les réponses possibles face aux risques pesant sur l’approvisionnement.
Cité dans le communiqué, M. Birol a estimé que les défis actuels atteignent une ampleur sans précédent, saluant une décision collective à la mesure de la crise. Il a rappelé que le marché pétrolier étant mondial, la réponse aux chocs majeurs devait l’être également.
Les volumes tirés des réserves d’urgence seront injectés sur le marché selon un calendrier propre à chaque pays membre, en fonction de ses contraintes nationales. Cette opération pourrait également être renforcée par des mesures complémentaires prises individuellement par certains États.
L’AIE précise que ses pays membres disposent actuellement de plus de 1,2 milliard de barils de stocks stratégiques, auxquels s’ajoutent près de 600 millions de barils détenus par l’industrie dans le cadre d’obligations gouvernementales.
Il s’agit de la sixième action collective de ce type depuis la création de l’agence en 1974. Des interventions similaires avaient déjà été menées en 1991, 2005, 2011 et à deux reprises en 2022.
Selon l’agence, le conflit au Moyen-Orient a fortement perturbé les flux pétroliers transitant par le détroit d’Ormuz, un corridor clé du commerce énergétique mondial. Les exportations de brut et de produits raffinés qui y passent représentent désormais moins de 10 % des niveaux observés avant le conflit, poussant plusieurs opérateurs régionaux à réduire, voire suspendre, une partie de leur production.
En 2025, près de 20 millions de barils par jour de pétrole et de produits pétroliers transitaient par ce passage maritime stratégique, soit environ 25 % du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime. Les alternatives de contournement restant limitées, la situation continue d’alimenter les tensions sur le marché.
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