Le Japon a enclenché la plus importante libération de ses réserves pétrolières stratégiques jamais réalisée, dans un contexte de fortes tensions géopolitiques affectant l’approvisionnement mondial en énergie.
Cette décision intervient alors que la guerre opposant les États-Unis et Israël à Iran a provoqué la fermeture du détroit d’Ormuz, axe vital du commerce pétrolier mondial.
Selon Kyodo News, Tokyo prévoit d’injecter sur le marché un volume équivalent à 30 jours de consommation nationale, soit environ 8,5 millions de kilolitres de pétrole d’État, d’ici fin avril.
Cette opération s’inscrit dans un plan global visant à libérer près de 80 millions de barils, correspondant à 45 jours de consommation, un volume nettement supérieur à celui mobilisé après la catastrophe de accident nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011.
Fortement dépendant du Moyen-Orient pour plus de 90 % de ses importations de brut, le Japon se retrouve particulièrement exposé à cette crise. Pour amortir le choc, les autorités ont également activé 15 jours de réserves privées, auxquels s’ajoutent, pour la première fois, des stocks détenus conjointement avec trois pays du Golfe, représentant 5 jours supplémentaires.
Les premières livraisons ont été lancées depuis la base de Kikuma, dans la préfecture d’Ehime, avant une montée en puissance progressive à travers plusieurs sites, notamment à Kitakyushu, Nagasaki et Kagoshima.
Le pétrole libéré, principalement destiné à la production d’essence et de diesel, sera cédé pour un montant estimé à 540 milliards de yens à plusieurs distributeurs, dont Eneos Corporation.
Malgré ces mesures, la pression reste forte sur les prix. À la mi-mars, le litre d’essence a atteint un record de 190,80 yens, poussant le gouvernement à réintroduire des subventions pour contenir la flambée.
Selon les dernières données disponibles, les réserves totales du Japon s’élevaient à environ 470 millions de barils, soit l’équivalent de 254 jours de consommation nationale, un coussin stratégique désormais largement sollicité face à une crise énergétique d’ampleur.
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