Le Festival Gnaoua et Musiques du Monde d’Essaouira prépare son retour du 25 au 27 juin 2026 avec une 27ème édition qui confirme l’ambition d’un rendez-vous devenu incontournable dans le paysage culturel marocain et international. Plus qu’une succession de concerts, l’événement revendique un positionnement clair : faire dialoguer patrimoine, transmission, création contemporaine et circulation des cultures.
Lors de la présentation de cette nouvelle édition à Casablanca, Naila Tazi, directrice et productrice du Festival, a insisté sur la continuité d’un projet pensé comme un espace de rencontre, d’apprentissage et d’expression artistique. Selon elle, cette édition prolonge une vision construite au fil des années autour de la valorisation de la culture gnaoua, de la création musicale et de l’ouverture sur le monde.
Le rendez-vous d’Essaouira réunira cette année plus de 400 artistes venus de plusieurs pays, notamment des États-Unis, du Brésil, du Rwanda, de l’Inde, de Palestine, du Liban et de plusieurs scènes européennes. Cette programmation fera également la part belle aux 42 Maâlems attendus, issus de différentes régions du Maroc et appartenant à plusieurs générations, signe de la vitalité d’un héritage qui continue de se transmettre et de se réinventer.
Pour les organisateurs, cette dimension intergénérationnelle reste essentielle. Le Festival entend préserver l’âme de la tradition gnaoua tout en la confrontant à d’autres univers musicaux. Cette démarche s’inscrit dans une lecture plus large de cette culture, considérée comme une mémoire vivante façonnée par les circulations, les métissages et les échanges entre civilisations.
Sur le plan artistique, Abdeslam Alikane, directeur artistique du Festival, a mis en avant une édition marquée par la force des rencontres inédites et par une programmation qui croise les esthétiques, entre musiques traditionnelles, jazz et sonorités du monde. L’esprit du Festival reposera une nouvelle fois sur les passerelles créées entre les Maâlems gnaoua et des artistes venus d’horizons très divers.
Le coup d’envoi sera donné avec la traditionnelle parade des Maâlems, séquence emblématique qui transforme chaque année Essaouira en scène ouverte, populaire et spirituelle. Le concert inaugural, prévu sur la scène Moulay Hassan, rassemblera Mehdi Nassouli, la troupe rwandaise i Buhoro, la chanteuse marocaine Sara Moullablad, l’artiste indienne ganavya et le musicien français Sylvain Barou, dans une création collective où les répertoires se croiseront.
Parmi les moments attendus, le public découvrira notamment une rencontre entre Maâlem Mohamed Montari, Badume’s Band et Selamnesh Zemene, dans un échange artistique entre le Maroc et l’Éthiopie. Une autre fusion mettra face à face Mehdi Qamoum et le Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan, illustrant cette volonté de croiser les traditions musicales et les sensibilités spirituelles.
La programmation prévoit aussi la présence du bassiste Richard Bona, accompagné exceptionnellement par Asma Lmnawar, ainsi qu’une création associant Maâlem Hamid El Kasri à Carlinhos Brown, dans un dialogue annoncé entre les rythmes gnaoua et les traditions afro-brésiliennes.
Cette 27ème édition accordera également une place particulière à la mémoire avec un hommage rendu à feu Maâlem Mustapha Baqbou. Plusieurs Maâlems participeront à cette création collective pensée comme un temps fort de reconnaissance et de transmission autour de son héritage musical.
D’autres noms viendront enrichir l’affiche, parmi lesquels 47SOUL, Yasmine Hamdan, Hoba Hoba Spirit, Oudaden, ainsi que le Harlem Spirit of Gospel by Anthony Morgan et ganavya. L’ensemble traduit la volonté du Festival de proposer une affiche plurielle, où la diversité des formes musicales accompagne la centralité de la tradition gnaoua.
Au-delà de sa programmation musicale, le Festival maintient aussi son ancrage intellectuel avec la 13ème édition du Forum des droits humains, organisée cette année autour du thème « Jeunesse du monde : identité, liberté et avenir ». Ce forum prolongera la réflexion sur les grandes mutations qui traversent les sociétés contemporaines, entre recompositions géopolitiques, transformations sociales et montée en puissance de l’intelligence artificielle.
Partenaire du Festival, le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, Driss El Yazami, a rappelé l’importance de cet espace de débat, organisé pour la 13ème année consécutive avec le CCME. Le forum réunira responsables politiques, intellectuels et représentants associatifs pour interroger les façons dont les jeunes redéfinissent aujourd’hui l’engagement, la création et l’innovation.
Le Festival poursuivra en parallèle son travail de formation avec le programme Berklee at the Gnaoua and World Music Festival, mené en partenariat avec le Berklee College of Music pour la 3ème année consécutive. Cette initiative permet à de jeunes musiciens venus de différents horizons de vivre une expérience immersive à la fois artistique et pédagogique.
Dans le même esprit, la collaboration avec l’Université Mohammed VI Polytechnique se poursuit autour de la Chaire des Transitions, portée par l’Institut des Études Avancées de l’UM6P. Ce partenariat vise à approfondir la réflexion académique sur la culture gnaoua, ses hybridations et ses formes contemporaines, en croisant les regards des artistes, des chercheurs et des institutions.
Avec cette nouvelle édition, le Festival Gnaoua d’Essaouira entend ainsi confirmer son statut de plateforme culturelle majeure, capable de faire dialoguer héritage marocain, innovation artistique, transmission et débats sur les enjeux du monde contemporain.
Rejoignez-nous sur WhatsApp
Rejoignez-nous sur telegram
Suivez-nous sur Google News






