Le groupe Akdital, leader du secteur de la santé privée au Maroc, vient d’annoncer le retrait de son projet de création d’un vaste réseau de centres médicaux de proximité.
Cette décision surprenante intervient après une levée de boucliers de la part des syndicats de médecins libéraux.
Dans une lettre adressée à ses « chers confrères », le Président-Directeur Général du groupe, le Dr Rochdi Talib, a justifié cette réorientation par sa volonté « d’éviter tout sujet de discorde au sein de la profession » et de répondre aux « différentes réactions émanant de certains confrères, relatives au projet de création de centres médicaux de proximité, par lesquelles ils ont exprimé leur inquiétude par rapport à l’impact que ce projet pourrait avoir sur leurs activités ».
Un projet ambitieux
Le projet, annoncé en avril 2025, était de taille. Il comprenait le déploiement de 200 centres de diagnostic à l’horizon 2030, pour un investissement total d’un milliard de dirhams. Ces structures, qualifiées de « smart », devaient être implantées dans des villes de moins de 60 000 habitants, souvent situées dans des zones sous-médicalisées.
L’objectif affiché par Akdital était de « combler un déficit d’offre » en proposant des services d’urgence 24h/24, assurés par des généralistes, et un plateau technique de base pour orienter les patients.
Pour porter ce développement, Akdital avait créé une filiale dédiée. L’opération de prise de contrôle conjoint avait été notifiée au Conseil de la Concurrence le 13 novembre 2025, ouvrant une période de dix jours pour que les tiers puissent faire part de leurs observations. C’est dans ce cadre que la contestation s’est organisée, menant au retrait du dossier.
Akdital se tourne vers l’international
Face aux inquiétudes de ses confrères, le Dr Rochdi Talib a tenté de rassurer, expliquant dans une première communication que le projet visait la complémentarité et non la concurrence.
Il a mis en avant le fait que ces centres ne proposeraient pas de consultations spécialisées et seraient implantés dans des zones où l’offre de soins est quasi inexistante.
Ces arguments n’ont visiblement pas suffi à calmer les réticences. En retirant son projet, Akdital fait le choix de l’apaisement, comme le souligne le PDG dans sa lettre : « Je reste convaincu que ce projet ne pouvait avoir pour effet de perturber ou impacter négativement vos activités. […] Malgré l’impact de cette décision sur les projets de développement d’Akdital, j’ai l’intime conviction qu’elle contribuera à consolider encore plus nos relations confraternelles et ouvrir des horizons pour de nouveaux challenges communs. »
Le groupe, qui connaît une forte dynamique de croissance ne renonce pas pour autant à ses ambitions. Les fonds destinés au projet des centres de proximité seront « réorientés vers d’autres centres d’intérêts notamment à l’international », précise la lettre. Une stratégie déjà amorcée avec une récente expansion en Arabie Saoudite, et qui semble désormais devenir la priorité du géant marocain de la santé privée.
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