Après plusieurs récoltes très généreuses, l’Europe fait face à une surproduction de pommes de terre qui provoque une chute marquée des prix, subie d’abord par les agriculteurs. En France, la colère s’est illustrée mi-janvier à Paris, où 20 tonnes ont été déversées près de l’Assemblée nationale. En Belgique, des producteurs ont aussi mené des actions sur les routes pour dénoncer un marché en berne.
Selon le réseau North-Western European Potato Growers, qui regroupe l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas, les récoltes de 2025 dans ces pays approchent 30 millions de tonnes, soit +10% sur un an. L’Allemagne signe sa meilleure récolte depuis 25 ans, tandis que les surfaces ont augmenté de 10% en France.
Mais la demande industrielle recule, notamment sur les frites surgelées, pénalisée par des droits de douane américains à 15%, un euro fort et une concurrence accrue de la Chine, de l’Inde, de l’Égypte et de la Turquie. Résultat : des cours très bas et une pression sur la contractualisation. En France, l’UNPT évoque une baisse de 25% des prix contractuels, avec la tonne de Fontane autour de 130 euros en 2026 contre 180 euros un an plus tôt.
La filière estime toutefois la crise surtout conjoncturelle, alors que de nouvelles capacités industrielles se développent, dont une usine près de Dunkerque capable de 1.400 tonnes de frites par jour, et deux autres projets dans le Nord et la Somme.
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