FAO : le détroit d’Ormuz menace une crise alimentaire mondiale

La fermeture du détroit d’Ormuz constitue un choc systémique pour le système agroalimentaire mondial, pouvant déclencher une grave crise des prix alimentaires dans les 6 à 12 mois, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Celle-ci appelle à renforcer dès maintenant la résilience des pays pour limiter les impacts, en mobilisant les gouvernements, les institutions financières internationales, le secteur privé et les agences de l’ONU.

Elle souligne que la fenêtre d’action se referme rapidement, car les décisions actuelles sur les engrais, les importations, le financement et les choix agricoles déterminent l’ampleur de la crise.

L’indice FAO des prix alimentaires a augmenté pour le troisième mois consécutif en avril, sous l’effet des coûts élevés de l’énergie et des tensions géopolitiques.

Le choc se propage progressivement de l’énergie vers les engrais, puis vers les rendements agricoles, les matières premières et enfin l’inflation alimentaire.

Les routes alternatives via la mer Rouge et la péninsule Arabique restent limitées et ne peuvent pas compenser totalement la fermeture du détroit d’Ormuz.

La situation pourrait être aggravée par le phénomène El Niño, susceptible de provoquer des sécheresses et des perturbations agricoles.

Ainsi, la FAO recommande des mesures à trois niveaux.

À court terme, elle préconise de sécuriser des routes alternatives de transport, d’éviter les restrictions à l’exportation (énergie, engrais, produits alimentaires), d’exempter l’aide humanitaire des blocages commerciaux et de mettre en place des programmes de protection sociale ciblés.

À moyen terme, elle recommande de limiter les biocarburants, de renforcer le crédit agricole d’urgence, d’améliorer la distribution numérique des aides et de faciliter le financement des importations alimentaires, tout en soutenant les pays en difficulté financière.

À long terme, elle insiste sur la diversification des routes commerciales, les capacités de stockage, les réserves alimentaires régionales, l’amélioration des infrastructures logistiques et le développement d’une agriculture plus résiliente grâce aux technologies modernes et à une meilleure gestion des ressources.

Elle recommande aussi de renforcer les systèmes d’alerte précoce.

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