Le gouvernement gabonais a décidé la suspension, à titre conservatoire, de plusieurs responsables suite à la disparition de 353 containers de bois précieux placés sous main de justice du port d’Owendo, sud de Libreville, a-t-on appris de source officielle.

“Le 07 Mai 2019, à l’occasion d’une conférence de presse, le Procureur de la République, près le Tribunal de Première Instance de Libreville, portait à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale, la disparition au Port d’Owendo de containers placés sous mains de justice”, indique un communiqué du gouvernement, notant qu’aussitôt informé des faits, et sur instruction du Premier Ministre, le ministre de la Justice a immédiatement ordonné au Procureur de la République de diligenter une enquête policière aux fins de retrouver lesdits containers et d’établir les responsabilités de cette situation”.

“Les investigations policières et judiciaires ont relevé à ce jour de graves et inadmissibles dysfonctionnements ainsi que des complicités actives et passives intolérables tant dans les administrations des Forêts et des Douanes qu’au niveau des Opérateurs Économiques de la filière bois”, explique le document, notant que “soucieux du respect de la présomption d’innocence et en attendant les conclusions définitives de l’enquête en cours”, les agents des administrations de Douanes et des Eaux et Forêts dont la responsabilité semble avérée ont été suspendus à titre conservatoire de leurs fonctions et responsabilités.

Il s’agit notamment des secrétaires généraux du Ministère des Forêts et celui de l’Économie, des directeurs de Cabinet du Ministre des Forêts et de l’Environnement et celui de l’Économie, des Directeurs généraux de la Forêt, de Douanes et Droits Indirects et du directeur Régional des Douanes Estuaire.

Eu égard à cette situation, les membres du Gouvernement qui seraient impliqués dans cette affaire sont invités à en tirer les conséquences qui s’imposent. Le gouvernement mettra en place de nouvelles procédures pour prévenir la survenance d’actes d’une telle gravité, avertit le texte.

La présidence de la République avait qualifié, lundi, dans un communiqué, d’affaire d’une extrême gravité la disparition de ces containers de bois précieux, exigeant la plus grande sévérité à l’égard des responsables.

Les containers chargés de bois, dont une importante quantité de Kevazingo, un bois précieux interdit d’exploitation au Gabon, ont été découverts en mars dernier par la direction de Surveillance des douanes avant d’être saisis par la justice pour enquête.