L’ambassadeur du Maroc à l’ONU, Omar Hilale, et l’ambassadeur d’Israël aux Nations-Unies, Gilad Erdan, ont coprésidé jeudi, une conférence virtuelle de haut niveau sur le thème “Planter pour l’avenir : Sécurité alimentaire et agriculture innovante”.

Co-organisée par les Missions permanentes du Maroc et d’Israël auprès de l’ONU, la réunion a eu lieu en marge de la 54ème session de la Commission de la population et du développement des Nations-Unies.

Cet événement, qui a aussi coïncidé avec la célébration de la Journée internationale de la terre nourricière, a été marqué par une importante participation des ambassadeurs de plusieurs pays représentant les différentes régions géographiques, de l’Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour le Sommet sur les systèmes alimentaires 2021, Agnes Kalibata, de la Directrice de l’Agence israélienne pour le développement international (MASHAV), Eynat Shlein, et du directeur général de l’Agence marocaine de la coopération internationale (AMCI), Mohamed Methqal.

Intervenant à cette occasion, l’ambassadeur du Maroc à l’ONU a relevé que cette initiative maroco-israélienne témoigne du rôle moteur que la coopération peut jouer dans le domaine de l’agriculture durable, du changement climatique, de la gestion de l’eau, des énergies renouvelables et de la coopération commerciale, entre autres diverses dimensions cruciales du développement durable.

“Alors que nous nous apprêtons pour le Sommet sur les systèmes alimentaires de septembre prochain, le moment est venu de travailler sur des partenariats solides et d’accélérer l’action indispensable”, a plaidé Hilale. “En fait, s’il y a une leçon que nous pouvons tirer de la crise mondiale du COVID-19, ce serait de la transformer en une opportunité de rééquilibrer et de transformer nos systèmes alimentaires et de planter pour l’avenir”, a-t-il dit.

A cet égard, l’ambassadeur a fait remarquer qu’au Maroc, sous le leadership visionnaire du Roi Mohammed VI, la science agricole a acquis un énorme potentiel et a augmenté les rendements des agriculteurs, petits et grands, pour produire plus de nourriture avec moins d’eau et d’énergie. Il a également cité le Plan Maroc Vert, une stratégie agricole nationale lancée en 2008 qui a contribué à dynamiser l’agriculture et à en faire le principal moteur de croissance de l’économie nationale, en créant des emplois et en réduisant la pauvreté.

“La vision du Maroc dans le domaine de l’agriculture vise à assurer l’autosuffisance alimentaire nationale et ouvre la possibilité d’exporter des produits agricoles de qualité vers le monde”, a dit l’ambassadeur Hilale.

Et de souligner dans ce sens que le Maroc et Israël se sont mis d’accord à coopérer dans différents secteurs, y compris l’industrie alimentaire, la recherche appliquée dans l’industrie, les technologies vertes et les énergies renouvelables, qui peuvent tous contribuer à l’intensification des initiatives existantes, et bénéficier à un large éventail de pays, en particulier en Afrique, dans le domaine de l’agriculture et de l’agro-industrie.

De son côté, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, a relevé que l’année 2020 “nous a appris l’urgence et l’importance d’amener la question de la sécurité alimentaire, et les technologies qui nous aideront à atteindre cet objectif important, au premier ordre des priorités mondiales”.

A cet égard, il a déclaré qu’Israël était fier de présenter au niveau des Nations-Unies une résolution sur les technologies agricoles au service du développement durable. Cette résolution, a-t-il expliqué, permettra d’attirer l’attention du monde entier sur les technologies qui peuvent aider les pays en développement à nourrir de manière fiable leur propre peuple et, ce faisant, les aident à progresser dans de nombreux autres domaines de développement.

Évoquant le Sommet sur les systèmes alimentaires convoqué en septembre prochain par le Secrétaire général de l’ONU dans le cadre de la Décennie d’action pour atteindre les Objectifs de développement durable, le diplomate a estimé que ce Sommet renforcera le message important selon lequel “nous devons tous travailler ensemble pour transformer complètement la façon dont le monde produit, consomme et pense à la nourriture”.

Pour sa part, l’Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour le Sommet sur les systèmes alimentaires 2021, Agnes Kalibata, a tenu à saluer les missions permanentes du Maroc et d’Israël pour l’organisation de cet événement qui coïncide avec la Journée de la terre.

“Le Maroc et Israël sont des exemples vivants de ce que l’innovation peut réaliser dans le secteur de l’agriculture”, a témoigné Mme Kalibata, qui a aussi salué à cet égard les différentes initiatives et l’action de coopération du Royaume en faveur des pays du continent africain, notamment à travers l’Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA), lancée par le Maroc en amont de la COP22, et qui vise à réduire la vulnérabilité de l’Afrique et de son agriculture au changement climatique.

Evoquant le Sommet sur les systèmes alimentaires 2021, Mme Kalibata a relevé que cette thématique reste étroitement liée à l’ensemble des Objectifs de développement durable (ODD), soulignant que ce sommet mondial marquera un tournant pour la réalisation des ODD.

Quant à elle, la Directrice de l’Agence israélienne pour le développement international, Eynat Shlein, a noté qu’au moment où le monde est confronté à une insécurité alimentaire galopante, exacerbée par le changement climatique et d’autres problèmes environnementaux, il est plus que jamais essentiel d’adopter une nouvelle approche en matière d’agriculture.

Elle a relevé, à ce propos, l’importance d’opter pour les nouvelles techniques d’agricultures modernes et efficientes, ainsi que pour de meilleures gestions des sols et des ressources hydriques.

Mme Shlein a exprimé la disposition d’Israël à partager son expertise et expérience dans ce domaine, notamment avec les pays africains, citant à ce propos l’assistance apportée par son pays l’année dernière à l’Ethiopie dans la lutte contre l’épidémie des criquets pèlerins grâce à l’utilisation de drones pour les traquer et mieux les cibler avec des traitements de pesticides.

De son côté, le directeur général de l’AMCI, Mohamed Methqal, a rappelé que l’agriculture constitue un secteur important pour le Maroc, en ce sens qu’elle compte pour près de 40 pc du PIB national.

Il a également mis l’accent sur l’importance de la coopération Sud-Sud, érigée par le Roi Mohammed VI en tant que pilier majeur de la politique étrangère du Royaume.

Pour contribuer à cet effort, l’AMCI a conclu de multiples partenariats avec quelque 170 pays partenaires, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’irrigation et de la gestion hydrique, a-t-il précisé. L’agence conduit également des programmes de formation technique dans le secteur de l’agriculture ainsi que des programmes de renforcement des capacités dans le cadre de la coopération triangulaire, a encore énuméré Methqal.

Intervenant à cette occasion, plusieurs ambassadeurs de pays membres des Nations-Unies, représentant notamment les continents africain et américain, ont tenu à saluer le Maroc et Israël pour cette initiative et pour leur leadership sur la question cruciale de l’agriculture et de la sécurité alimentaire, en particulier pour la réalisation des Objectifs de développement durable.

Ils se sont également félicités du niveau de coopération entre leurs pays respectifs et le Royaume du Maroc, dont l’action et les initiatives en faveur des pays du continent africain et du Sud ont été longuement louées et saluées à cette occasion.