La Fédération Nationale Des Associations Régionales Des Bureaux De Change a fait parvenir à Infomédiaire Maroc un communiqué à travers lequel elle déclare ce qui suit :

Afin d’attirer l’attention des responsables et de l’opinion publique sur la situation désastreuse que vivent les sociétés de change manuel, qui jouaient un rôle de 1er ordre sur le plan économique en drainant aux finances du pays 80% des devises en billets de banque collectées auprès des Marocains du monde et des touristes étrangers , et qui se trouvent, avec les retombées de la Pandémie, quasiment en faillite suite à l’absence de la moindre source de revenus depuis plus d’un an et sans le moindre soutien de la part des responsables, la fédération nationale des associations régionales des sociétés de change, se trouve contrainte de procéder à une grève nationale le vendredi 05 Mars 2021 de 14 heures à 18 heures.

”Nous nous sommes trouvés astreints à prendre une telle mesure devant la situation gravissime atteinte par notre métier. La contrainte qui nous est imposée par l’Office des Changes à ne pouvoir traiter que le Change Manuel fait qu’avec le tarissement de la source du change avec la pandémie et la fermeture des frontières, nous sommes catégoriquement sans le moindre revenu. Ainsi, depuis plus d’un an, 781 sociétés de change connaissent un gel total de leur activité et leurs 5 000 employés sont condamnés à leur tour par la perte d’emploi, car ils ont été exclus par le CVE et de façon inexplicable du bénéfice de l’indemnité du fonds de soutien depuis juillet 2020, contrairement aux autres secteurs liés au tourisme qui n’ont été touché que partiellement. Nous avons bien contacté l’autorité de tutelle, en l’occurrence L’Office des Changes, à maintes reprises pour nous ouvrir la voie à une activité d’appoint à même de nous permettre de disposer d’une source de revenus. Ils avaient dans un premier temps fait montre d’une grande compréhension compte tenu de la sensibilité et de la gravité de notre situation en nous notifiant, par écrit datant du 14 juillet 2020, de leur accord de principe à ce que nous puissions traiter des opérations de paiement et de transfert tout en gardant notre agrément sous la catégorie《A》à condition de rechercher une convention signée avec un établissement de paiements. Or, malgré la production d’une convention de ce genre, séance tenante, lors de la réunion qui s’est tenue le 28 septembre 2020, avec promesse de nous notifier l’accord définitif dans un délai d’une semaine, un tel accord de leur part ne nous est jamais parvenu malgré des relances et même la présentation le 28 Décembre 2020 d’une autre convention signée avec une société affiliée à une grande banque de la place. A notre grande déception, nous avons reçu de l’Office des Changes, un écrit daté du 8 février 2021, nous proposant la conversion totale de notre agrément initial en catégorie《C》relative aux agents mandataires des établissements de paiement ce qui équivaut en somme à l’abandon de la proposition de base d’une convention de partenariat avec un tel organisme et donc la perte totale de notre statut en tant que société de change autonome. Ce revirement de la position de l’Office des Changes nous a rendu perplexe. La solution tant simple proposée d’un ajout à notre statut d’une activité connexe est ainsi mise de côté, nous condamnant de fait à se soumettre au contrôle total de nos actuels concurrents et à la disparition de tout un pan de l’économie, qui joue un rôle stratégique et qui constitue la seule source de revenus de plus de 5000 familles pendant cette période exceptionnelle. Une autre source de déception provient de l’absence du moindre remède urgent en notre faveur provenant des autorités et des parlementaires que nous avions contactés. Il ne nous reste donc que des actions de grande envergure, telle que cette grève nationale, que nous espérons mener à une sensibilisation des autorités sur l’état désastreux de notre secteur qui perdure depuis une année et qui risque de s’aggraver en raison de la situation qui prévaut dans le monde et de la situation de quasi-faillite de 781 entreprises avec des pertes des milliers de postes d’emploi stables”.