Nestlé engage une nouvelle étape de sa transformation stratégique en réorganisant son activité dédiée aux eaux minérales. Le géant suisse de l’agroalimentaire a annoncé la création d’une coentreprise avec le fonds d’investissement américain Platinum Equity, qui prendra 50 % de cette branche regroupant notamment les marques S.Pellegrino, Perrier et Acqua Panna.
La nouvelle entité, baptisée Peranel, est valorisée à 4,9 milliards d’euros. L’opération devrait permettre à Nestlé d’encaisser près de 3 milliards d’euros lors de sa finalisation, attendue au début de 2027, sous réserve des autorisations réglementaires et des consultations sociales.
Cette décision intervient dans un contexte délicat pour le groupe, dont l’activité eaux est fragilisée depuis plusieurs mois par les controverses liées aux procédés de microfiltration de certaines marques. Elle s’inscrit également dans la stratégie du nouveau directeur général Philipp Navratil, chargé de relancer la croissance après plusieurs crises ayant affecté l’image et les performances du groupe.
Malgré un environnement économique toujours marqué par une consommation prudente, Nestlé observe une amélioration progressive de ses indicateurs commerciaux. Au deuxième trimestre, la croissance organique des ventes s’est établie à 3,7 %, tandis que les volumes vendus ont poursuivi leur redressement.
En revanche, les résultats financiers du premier semestre restent sous pression. Le chiffre d’affaires a reculé à 43,1 milliards de francs suisses et le bénéfice net a fortement diminué, pénalisé par les coûts de restructuration ainsi que par des dépréciations d’actifs. Le groupe a également revu à la baisse ses perspectives de marge opérationnelle pour la seconde moitié de l’année, une annonce qui a entraîné une forte réaction négative des marchés financiers.
Du côté des représentants des salariés, cette restructuration suscite déjà des inquiétudes. En France, la CGT s’est dite particulièrement vigilante quant aux conséquences potentielles pour les sites industriels de Vittel, Contrex et Perrier, promettant de défendre l’emploi et les activités industrielles.
Pour Nestlé, cette coentreprise constitue un compromis entre un désengagement total et le maintien de cette activité, tout en conservant une marge de manœuvre stratégique pour les années à venir.
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