PMA : les services grossissent, mais l’emploi productif ne suit toujours pas

Les services se sont imposés comme un moteur central de la croissance et de l’emploi dans les pays les moins avancés, mais leur essor ne se traduit pas encore par une hausse significative des revenus, de la productivité ni du développement à grande échelle, selon ONU commerce et développement.

Dans son Rapport sur les pays les moins avancés 2025, la CNUCED souligne que l’emploi reste largement concentré dans des activités informelles et à faible productivité (commerce de subsistance, services personnels), ce qui limite les gains de revenus et maintient une pauvreté au travail élevée, alors même que ces pays devront créer 13,2 millions d’emplois par an d’ici à 2050.

Le rapport indique que la productivité du travail dans les PMA demeure en moyenne 11 fois inférieure à celle des économies développées, freinant la capacité à développer et exporter des services à plus forte valeur ajoutée, d’autant que les liens avec l’industrie, la technologie et les marchés d’exportation restent faibles.

La CNUCED relève que le tourisme, qui représente près d’1/3 des exportations de services des PMA, génère souvent peu d’emplois durables et de valeur ajoutée locale, en raison de contraintes d’infrastructures et d’une forte dépendance aux importations. Les services numériques, pourtant parmi les plus dynamiques au niveau mondial, ne comptent que pour 0,16 % des exportations mondiales des PMA, reflétant des déficits en compétences, connectivité et capacités technologiques.

Le rapport met également en avant une fracture numérique persistante : les femmes ont 42 % de chances en moins que les hommes d’utiliser l’internet mobile, et les populations rurales 50 % de chances en moins que les urbaines, malgré des initiatives ciblées jugées encore insuffisantes.

La CNUCED avertit qu’en l’absence de politiques ciblées et fondées sur de meilleures données, une croissance tirée par les services risque d’accentuer les inégalités existantes, et conclut qu’il n’existe pas de raccourci vers le développement. Selon la même source, les services ne peuvent soutenir la transformation structurelle que s’ils améliorent la productivité, renforcent les liens avec les secteurs productifs, réduisent la fracture numérique et s’appuient sur des investissements dans les infrastructures, l’énergie, l’éducation et les compétences, avec l’appui de politiques nationales cohérentes et d’une coopération régionale et mondiale adaptée aux réalités des pays les moins avancés.

Abonnez-vous à notre newsletter Abonnez-vous à notre newsletter
Rejoignez la communauté des entrepreneurs

Rejoignez-nous sur WhatsApp
Rejoignez-nous sur telegram
Suivez-nous sur Google News