Encadrer l’usage du numérique et des données à caractère personnel est devenu un impératif pour préserver la confiance et les principes éthiques au sein des sociétés contemporaines, a indiqué mercredi à Marrakech Omar Seghrouchni, président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel.
S’exprimant lors d’un panel tenu dans le cadre de la 4e édition du GITEX Africa Morocco, consacré à la thématique de la protection des données personnelles face à l’essor de l’intelligence artificielle et des cybermenaces, M. Seghrouchni a mis en avant l’impact profond du numérique sur le traitement des informations individuelles.
Il a expliqué que la transformation digitale touche désormais un large éventail de données, allant des documents administratifs aux informations de santé, en passant par les traces comportementales produites par les objets connectés et les villes intelligentes. Selon lui, cette évolution a profondément modifié les modes d’accès à l’information personnelle.
Le responsable a relevé que le numérique permet aujourd’hui d’identifier, de croiser et d’exploiter des traces personnelles avec une rapidité bien supérieure aux supports papier ou aux échanges oraux. À ce titre, il a cité l’exemple de la dématérialisation des procédures administratives, qui a bouleversé les méthodes classiques de collecte et de consultation des données.
Là où il fallait auparavant passer par plusieurs services pour réunir différents formulaires et reconstituer une information complète, un système numérique unifié et partagé entre administrations peut désormais fournir une réponse quasi instantanée.
Pour Omar Seghrouchni, cette nouvelle réalité s’accompagne d’une explosion du volume des traces numériques, rendant incontournables les outils d’intelligence artificielle pour assurer le suivi, l’analyse et la classification des données. Il a toutefois souligné que ces technologies, en devenant des instruments d’interprétation et parfois même d’aide à la décision, doivent impérativement être encadrées.
Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité d’une régulation rigoureuse, seule à même de préserver la vie privée des citoyens tout en accompagnant la modernisation des services publics. Il a également plaidé pour une gestion stricte des documents et des données personnelles, afin d’éviter tout usage abusif ou détournement.
Le président de la CNDP a enfin souligné que cet effort de protection doit aller de pair avec le développement de l’interopérabilité entre les systèmes administratifs et la poursuite de la modernisation numérique au Maroc.
Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 4e édition du GITEX Africa Morocco, organisée du 7 au 9 avril, réunit près de 50.000 participants et plus de 1.450 exposants représentant 130 pays, autour des grands enjeux liés à l’économie numérique et aux technologies à fort impact territorial.
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