Addis Abeba accueille ce week-end le 39e sommet annuel de l’Union africaine, dans un climat où les attentes restent limitées face aux crises qui s’accumulent sur le continent. Conflits armés, coups d’État, scrutins contestés : l’organisation panafricaine, qui représente plus de 1,5 milliard de personnes, est une nouvelle fois attendue sur sa capacité à peser, au-delà des déclarations.
Parmi les dossiers annoncés, la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo, la reprise des violences au Soudan du Sud, et surtout le Soudan, plongé dans une guerre civile depuis près de 3 ans. Les Nations unies y évoquent la pire crise humanitaire au monde, mais aucune perspective claire de sortie de crise ne semble émerger à ce stade.
Dans un rapport, l’International Crisis Group estime que l’organisation continentale apparaît plus faible qu’elle ne l’a été depuis le début du siècle, à un moment où elle serait pourtant « plus que jamais nécessaire ». Selon plusieurs analystes, la difficulté est aussi politique : des dirigeants appelés à juger leurs pairs, alors que le continent compte des chefs d’État au pouvoir depuis des décennies. La séquence récente des putschs illustre la tension : depuis 2020, 10 coups d’État ont été recensés en Afrique, avec des suspensions et exclusions, mais aussi des réintégrations après des scrutins jugés contradictoires avec les principes de gouvernance démocratique.
Ce sommet est aussi un test de leadership. Il s’agit du premier rendez-vous pour le nouveau président de la Commission, Mahamoud Ali Youssouf, tandis que le Burundi, dirigé par Evariste Ndayishimiye, doit prendre la présidence tournante de l’organisation, après l’Angolais João Lourenço.
En toile de fond, la contrainte financière pèse lourd. L’Union africaine dépend encore des financements extérieurs pour environ 64% d’un budget annuel proche de 700 millions de dollars, au moment où l’aide internationale se resserre. Reste à voir si l’organisation choisira de combler davantage le vide diplomatique, malgré des moyens limités, ou si ce sommet confirmera l’écart entre l’ampleur des urgences et la portée des décisions.
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