Réforme des taxis: Laftit annonce une étude stratégique et des mesures de mise à niveau

Le ministère de l’Intérieur a lancé, au cours de l’année 2025, une étude stratégique approfondie visant à diagnostiquer les dysfonctionnements du transport par taxis et à proposer des solutions concrètes pour développer et organiser le secteur, a indiqué à Rabat le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, en réponse à une question orale à la Chambre des Représentants.

Selon le ministre, après un diagnostic approfondi et l’examen de plusieurs expériences internationales, les experts mobilisés planchent actuellement sur des scénarios et des recommandations susceptibles d’être retenus pour la réforme. Les professionnels du secteur seront informés des résultats avant la mise en œuvre des conclusions.

Sur le plan des chiffres, le parc des taxis est estimé à environ 77.200 véhicules, dont 44.650 grands taxis et 32.550 petits taxis. Le secteur emploie près de 180.000 chauffeurs.

Le ministre a rappelé qu’une feuille de route intégrée a été déployée ces dernières années pour améliorer l’organisation et la régulation, notamment via l’actualisation des décisions réglementaires encadrant les autorisations, les spécifications des véhicules et les conditions d’exploitation. Cette démarche vise également à renforcer le professionnalisme, en limitant l’exploitation des autorisations aux chauffeurs professionnels, et en refusant l’approbation des délégations d’exploitation au profit d’exploitants non professionnels.

Autre levier mis en avant: la modernisation du parc à travers un programme de soutien au renouvellement, qui a permis le renouvellement d’environ 80 % du parc et la baisse de l’âge moyen des véhicules de 25 ans à 8 ans. Ce programme est toutefois suspendu temporairement, en attente d’une meilleure visibilité sur les perspectives du secteur.

En parallèle, l’amélioration de la qualité de service passe par le renforcement de la sensibilisation et du contrôle, le respect des normes de prestation et des tarifs, ainsi que la lutte contre les pratiques contraires aux règles en vigueur. En 2025, près de 5.000 infractions ont été enregistrées, entraînant le retrait temporaire ou définitif de plus de 1.500 permis de confiance.

Malgré ces avancées, le ministre a reconnu que le secteur fait toujours face à plusieurs contraintes, notamment l’insatisfaction d’une partie des usagers, un déséquilibre entre l’offre et la demande selon les régions, les limites du cadre juridique, la fragilité du modèle d’exploitation des autorisations, la multiplicité des intervenants et des conflits, ainsi qu’un retard dans l’adoption des applications mobiles et des outils de mise en relation et de géolocalisation.

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