Nations Unies: un rapport appelle à une refonte fondamentale de la politique mondiale de l’eau

Un rapport des Nations Unies appelle à une “refonte fondamentale” de la politique mondiale de l’eau, estimant que le monde vient d’entrer dans une “ère de faillite hydrique”. Présentée mardi 20/01/2026 à New York, l’étude évoque une situation dite post-crise, où certains systèmes hydriques ne peuvent plus revenir à leurs niveaux historiques.

Réalisé par l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’Université des Nations Unies, le rapport pointe une combinaison de facteurs: épuisement des nappes phréatiques, sur-allocation, dégradation des terres, déforestation et pollution, aggravés par le réchauffement climatique.

Intitulé “Faillite hydrique mondiale: Vivre au-delà de nos moyens hydrologiques à l’ère post-crise”, le document estime que les notions de “stress hydrique” ou de “crise de l’eau” ne décrivent plus la réalité de nombreuses régions, marquée par des pertes “irréversibles” du capital hydrique naturel et une incapacité à restaurer certaines fonctions écosystémiques.

La “faillite hydrique mondiale” est définie comme un état de défaillance durable après une crise, lorsque l’utilisation et la pollution dépassent, sur le long terme, les apports renouvelables et les limites d’épuisement acceptables. “De nombreuses régions vivent au-delà de leurs moyens hydrologiques”, a déclaré Kaveh Madani, directeur de l’Institut.

Selon les auteurs, des sociétés ont non seulement consommé plus que leurs ressources annuelles renouvelables, mais ont aussi entamé leurs réserves à long terme (aquifères, glaciers, zones humides), entraînant compactage d’aquifères, affaissements de terrains, disparition de lacs et zones humides, et perte de biodiversité.

Pour inverser la tendance, le rapport plaide pour des investissements ciblés dans l’eau, en soulignant leur impact sur la lutte contre le changement climatique, la désertification et la perte de biodiversité. Il appelle enfin à un agenda novateur structuré autour des conférences de l’ONU sur l’eau de 2026 et 2028, de la fin de la Décennie d’action en 2028, et de l’échéance de l’ODD 6 en 2030.

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