Avec 2,8 % de croissance du produit intérieur brut en 2025, l’Espagne confirme une trajectoire nettement plus dynamique que celle de la zone euro. Un rythme qui s’appuie sur un trio de moteurs bien identifiés: tourisme record, consommation des ménages et reflux du chômage, dans un contexte européen marqué par le ralentissement.
Le ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, revendique une performance “deux fois supérieure” à la moyenne de la zone euro, estimant que l’Espagne s’impose désormais comme un pilier de la croissance continentale. Cette lecture est confortée par des indicateurs de productivité: selon l’Observatoire de la productivité et de la compétitivité espagnole, la Productivité Totale des Facteurs a progressé de près de 2 % en 2024, à contre-courant d’une zone euro en repli.
Sur plusieurs années, la tendance se consolide: entre 2020 et 2024, la productivité espagnole aurait augmenté à un rythme annuel moyen de 1,4 %, niveau présenté comme inédit depuis 1995. Un signal qui s’ajoute au rôle des fonds européens mobilisés après la pandémie, souvent cités comme levier de modernisation et d’investissement.
Le pays bénéficie aussi pleinement de la dynamique touristique, avec un record de 97 millions de visiteurs étrangers en 2025, tout en s’appuyant sur une demande intérieure robuste et un investissement des entreprises mieux orienté. Côté prix, l’inflation a ralenti en janvier à 2,4 %, contre 2,9 % en décembre, selon l’institut national de statistique, un mouvement qui alimente le discours officiel sur une amélioration du pouvoir d’achat, malgré la pression persistante des loyers.
Sur le marché du travail, le gouvernement met en avant un passage du chômage sous 10 % au quatrième trimestre 2025, une première depuis 2008, même si l’Espagne conserve un des niveaux les plus élevés de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Dans ce contexte, l’exécutif a présenté un plan de régularisation susceptible de concerner environ 500.000 personnes, afin de soutenir l’économie face au vieillissement de la population active. En parallèle, le salaire minimum doit être relevé à 1.424,5 euros brut mensuels, à l’issue de négociations avec les partenaires sociaux.
Pour 2026, le Fonds monétaire international et la Banque d’Espagne anticipent une croissance de 2,3 % et 2,2 %. Malgré l’absence de budget adopté depuis 2023, faute de majorité parlementaire, la dynamique actuelle ne semble pas, à ce stade, remise en cause.
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