Premier exportateur mondial de charbon en volume, l’Indonésie a décidé de réduire sa production en 2026 afin de soutenir des prix internationaux orientés à la baisse. L’annonce a été faite vendredi par le ministre de l’Énergie et des Ressources minérales, Bahlil Lahadalia, lors d’un forum à Jakarta consacré à la stratégie d’autosuffisance énergétique.
Selon le ministre, la production sera désormais ajustée au niveau de la consommation, traduisant un pilotage plus strict de l’offre. « Nous allons équilibrer notre consommation et notre production », a-t-il indiqué, dans un contexte où les cours du charbon indonésien restent sous pression.
L’indice de référence HBA pour la première quinzaine de février 2026 s’est établi à 106,11 dollars la tonne, contre 124,24 dollars un an plus tôt, soit un recul d’environ 15 % sur 12 mois.
Le responsable a rappelé que la consommation mondiale de charbon atteint 8,9 milliards de tonnes, tandis qu’environ 1,3 milliard de tonnes font l’objet d’échanges internationaux. L’Indonésie exporte pour sa part près de 560 millions de tonnes, soit 43 % à 45 % du commerce mondial, une position dominante en volume, mais sans réelle capacité à imposer les prix.
Dans ce cadre, le quota de production de charbon pour 2026 a été fixé à environ 600 millions de tonnes, contre 790 millions effectivement produites en 2025, soit une réduction d’environ 190 millions de tonnes.
Le même mouvement concerne le nickel : les plafonds d’extraction de minerai ont été ramenés à 250 à 260 millions de tonnes, contre 379 millions prévus dans le plan de travail et budget 2025.
Alors que l’Association indonésienne des mines (API-IMA) plaidait pour une révision à la hausse, le ministre a rejeté cette demande, invoquant la préservation de ressources non renouvelables et la nécessité d’éviter d’accentuer la pression sur des marchés jugés fragilisés.
Pour Jakarta, l’arbitrage est clair : si les prix ne sont pas considérés comme satisfaisants, il vaut mieux laisser une partie du charbon et du nickel sous terre que de les écouler à faible valorisation, a conclu M. Lahadalia, en insistant sur la responsabilité envers les générations futures.
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