Dans un contexte international marqué par la fin de l’ère de l’argent facile, le Maroc est appelé à renforcer la protection et la valorisation de ses ressources naturelles afin de préserver sa souveraineté économique, estime l’analyste financier Mostafa Belkhayate.
Pendant plus de quinze ans, l’économie mondiale a évolué sous un régime exceptionnel, caractérisé par des taux d’intérêt historiquement bas, une abondance de liquidités, un recours massif à l’endettement et une survalorisation des marchés financiers.
Cette phase touche aujourd’hui à sa fin. La hausse des taux d’intérêt, observée depuis plusieurs mois, s’inscrit dans une tendance structurelle liée à l’accumulation des dettes publiques et privées ainsi qu’aux tensions inflationnistes durables.
Dans ce nouveau contexte, les grandes économies doivent désormais refinancer leurs dettes à des niveaux compris entre 4 % et 5 %, voire davantage, ce qui modifie profondément l’architecture financière mondiale.
Selon M. Belkhayate, cette transformation rend le capital plus rare et plus sélectif. « Lorsque les taux montent durablement, le coût du crédit augmente, les charges d’intérêt des États s’alourdissent, les entreprises fragilisent leurs bilans et les investissements ralentissent », souligne-t-il.
Cette situation accentue également la volatilité des marchés financiers et provoque une contraction des flux internationaux de capitaux.
Même si le Maroc dispose de fondamentaux solides, il ne peut rester totalement à l’écart de ces évolutions. Le financement extérieur devient plus coûteux, l’investissement international plus exigeant, le crédit domestique peut se tendre et la pression sur la balance commerciale s’accentuer.
Face à ces défis, l’analyste plaide pour une stratégie nationale axée sur la sécurisation des actifs tangibles, notamment les ressources minières, énergétiques et géologiques.
« Dans un monde où le capital est plus cher, les nations qui maîtrisent leurs richesses naturelles disposent d’un avantage stratégique majeur », affirme-t-il, appelant à anticiper le retour massif des investisseurs internationaux vers les zones riches en matières premières.
Pour le Maroc, la protection du sous-sol, la valorisation des ressources et le renforcement du cadre réglementaire constituent ainsi des leviers essentiels pour consolider sa résilience économique et préparer les prochaines décennies.
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