Les facteurs psychologiques et sociaux sont au cœur des programmes de sécurité routière, car ils permettent d’agir sur le changement de comportement des usagers, notamment les motocyclistes et les piétons, ont souligné les participants à un panel organisé lundi à Rabat, dans le cadre d’un séminaire international consacré aux usagers des deux-roues motorisées.
Cette rencontre de 2 jours, organisée par l’Agence nationale de la sécurité routière en partenariat avec l’Université Mohammed VI Polytechnique et l’Organisation mondiale de la santé, a mis l’accent sur l’importance de cibler les biais cognitifs à travers des campagnes de sensibilisation fondées sur les conséquences réelles des accidents et l’encouragement de l’auto-évaluation réaliste des risques.
Dans ce contexte, Adil Ghazali, professeur à la faculté des Lettres et des sciences humaines de Mohammedia, a appelé à adapter les messages aux différents profils de conducteurs (prudents, hédonistes, défieurs, pragmatiques), en mettant en avant, selon les cas, le danger, la responsabilité sociale ou encore la perte financière liée aux sanctions. Il a également insisté sur la sensibilisation des jeunes motocyclistes aux dangers de l’acrobatie routière, tout en valorisant des pratiques sûres et respectueuses des autres usagers, afin de mieux protéger les usagers vulnérables.
Pour sa part, Frédéric Martinez, chargé de recherche à l’Université Gustave Eiffel (France), a relevé l’importance de l’implication de la communauté scientifique et académique dans la recherche en sécurité routière, en s’intéressant au comportement humain, à la représentation sociale des accidents et à leur prévention. Selon lui, changer les comportements ne se résume pas à multiplier les radars : il faut aussi réhabiliter socialement la prudence, alors que, dans l’imaginaire collectif, la prise de risque est parfois associée à l’audace et le respect des règles à une forme de faiblesse.
De son côté, Saalati El Mostapha, professeur à la faculté des Lettres et des sciences humaines de Marrakech, a estimé que les campagnes centrées uniquement sur la communication ont montré leurs limites, plaidant pour le passage de l’analyse à l’action concrète et l’élaboration de véritables stratégies de prévention capables de produire un impact durable. Il a mis en avant des approches reposant sur des cadres scientifiques, notamment les techniques d’influence non consciente et les techniques d’engagement, ayant démontré leur efficacité dans plusieurs pays.
Placée sous le thème “Les usagers des deux-roues motorisées : entre perception du risque et comportement”, cette rencontre réunit des acteurs institutionnels de la sécurité routière, des chercheurs et universitaires nationaux et internationaux, des experts, des partenaires de la NARSA ainsi que des représentants d’opérateurs privés et de la société civile.
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