BMCI : Holmarcom referme le chapitre des banques françaises au Maroc

Le paysage bancaire marocain s’apprête à connaître un nouveau basculement. Avec l’accord conclu entre BNP Paribas et Holmarcom pour la cession de la participation majoritaire du groupe français dans la BMCI, une page historique se tourne : celle de la présence directe des grandes banques françaises dans le Royaume.

Cette opération intervient après deux autres retraits majeurs : celui de Crédit Agricole, avec la vente du Crédit du Maroc à Holmarcom, puis celui de Société Générale, dont les activités marocaines ont été reprises par Saham. En l’espace de 3 ans, les principales enseignes bancaires françaises ont ainsi passé le relais à des groupes nationaux.

Pour Holmarcom, l’enjeu dépasse la simple acquisition. Le groupe, déjà propriétaire du Crédit du Maroc, entend désormais bâtir un acteur bancaire de grande taille autour d’un rapprochement progressif avec la BMCI. Avec un produit net bancaire combiné estimé à 7,1 milliards de dirhams, l’ensemble se positionnerait comme le 4e acteur bancaire du Royaume, derrière Attijariwafa bank, la Banque centrale populaire et Bank of Africa.

La finalisation de la transaction reste toutefois soumise aux autorisations réglementaires, notamment celles de Bank Al-Maghrib et du Conseil de la concurrence. Elle est attendue au 4e trimestre 2026.

Pour les clients de la BMCI, aucun changement immédiat n’est annoncé. Les comptes, les contrats, les agences et les services restent opérationnels. Les éventuelles évolutions devraient intervenir dans un second temps, en fonction de la stratégie d’intégration entre la BMCI et le Crédit du Maroc.

Selon Fitch Ratings, cette marocanisation progressive du secteur bancaire doit être analysée avec nuance. L’agence estime que les grands groupes marocains disposent d’une gouvernance solide, d’une rentabilité en amélioration et d’une expérience croissante à l’international, notamment en Afrique.

En 2025, le secteur bancaire marocain a d’ailleurs affiché une dynamique favorable, avec une croissance des crédits de 6% et une hausse du résultat net agrégé de 26%. De quoi renforcer l’idée que ce changement d’actionnariat s’inscrit moins dans une logique de rupture que dans une nouvelle étape de consolidation nationale.

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