La Galerie Bab Rouah accueille, du 5 au 19 juin, l’exposition “Maroc en Héritage”, une rencontre artistique imaginée par la Galerie Rikia Ferrer autour de deux univers singuliers : celui de la peintre marocaine Nadia Chellaoui et du sculpteur français Paul Beckrich.
À travers cette exposition, les deux artistes proposent une lecture contemporaine du patrimoine vestimentaire marocain, où le costume traditionnel devient bien plus qu’un élément décoratif. Il se transforme en mémoire vivante, en langage esthétique et en terrain d’exploration émotionnelle.
Née à Rabat en 1973, Nadia Chellaoui développe depuis plusieurs années une œuvre profondément marquée par l’expressionnisme contemporain. Après des débuts autodidactes, elle choisit en 2007 de se consacrer pleinement à la peinture, donnant naissance à un univers où les figures féminines occupent une place centrale. Son travail, porté par une approche instinctive et introspective, a progressivement franchi les frontières marocaines, avec plusieurs expositions organisées récemment à Rome, Milan, Venise, Madrid et Paris.
Face à elle, Paul Beckrich, artiste français originaire de Bretagne, construit une œuvre sculpturale nourrie par la matière et le mouvement. Initié très tôt à l’esthétique, il abandonne rapidement une carrière classique pour se tourner vers la céramique puis la sculpture figurative. Son travail, influencé par les techniques du Raku japonais et du bronze, met en scène des personnages habités, dont les vêtements deviennent des prolongements expressifs du corps et de l’âme.
Au cœur de cette exposition, le costume marocain sert de point de convergence entre les deux démarches artistiques. Chez Paul Beckrich, les drapés minutieusement travaillés donnent naissance à des silhouettes intemporelles inspirées de ses voyages et de ses découvertes culturelles. Chaque sculpture semble figer un instant suspendu, où l’élégance du vêtement révèle une profondeur humaine.
De son côté, Nadia Chellaoui explore le costume comme un espace émotionnel. Les couleurs, les textures et les formes traduisent des états intérieurs liés à l’amour, à la solitude ou encore à la quête identitaire. Fidèle à son attachement au savoir-faire marocain, l’artiste étend également son univers à des créations artisanales et accessoires transformés en véritables supports artistiques.
Pensée par la galeriste Rikia Ferrer, cette exposition crée un dialogue subtil entre deux sensibilités, deux cultures et deux visions du patrimoine. Dans l’écrin historique de Bab Rouah, “Maroc en Héritage” célèbre ainsi un héritage vivant, ouvert sur le monde et porté par la création contemporaine.
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