Il s’appelle Ali Najab. Il a passé 25 ans en captivité dans les geôles de Tindouf. Une tragique expérience dans les camps du Polisario, qu’il a retracé dans un livre pour le moins poignant « 25 ans dans les geôles de Tindouf, mes mémoires de prisonnier de guerre ».
Une fois libéré, il s’était attaché à transmettre son histoire et à honorer la mémoire de ses camarades de captivité, estimant que chaque prisonnier portait en lui un récit essentiel à l’histoire du Maroc.
Ali Najab s’est éteint, mais son héritage demeure. Son courage, sa ténacité et son engagement pour la vérité continuent d’inspirer ceux qui l’ont connu et ceux qui découvriront son histoire à travers ses écrits. Il restera à jamais une figure emblématique de la résilience marocaine.
Il sera inhumé à Rabat mercredi. Toutes nos condoléances aux proches et aux familles de ce capitaine exemplaire.

Voici un résumé de son livre présenté à la Bibliothèque nationale il y a 4 ans.

Septembre 1978. Ali Najab est pilote de Forces royales air (FRA). Son Mirage F5 est touché par un missile sol-air et le pilote de chasse est immédiatement capturé par le Polisario. Mené dans le bureau de Mohammed Abdelaziz, c’est là que trois officiers algériens ordonnent son transfert à Tindouf.
Depuis 1976, les Algériens emmenaient des prisonniers marocains au nord de l’Algérie, se souvient l’ancien pilote dont la mémoire a gravé chaque détail d’un quart de siècle d’emprisonnement.
« Quand de nouveaux prisonniers arrivaient à Rabouni, les Algériens arrivaient immédiatement pour les interrogatoires. Les Algériens quand ils débarquaient à Tindouf, c’était pour donner des ordres, point barre. Cela est clair et net », a raconté Ali Najab. Il rapporte une anecdote selon laquelle un groupe d’officiers était venu à Rabouni. Les officiers marocains prisonniers ont été emmenés pour les rencontrer. Parmi les tortionnaires, était notamment présent le pseudo Premier ministre du Polisario (de l’époque), Mohamed Lamine Ahmed, qui se tenait debout devant une fenêtre. Le vent s’était levé et un lieutenant algérien lui a dit: « Eh toi, ferme la fenêtre! ». L’autre l’a regardé, ébahi. « Je t’ai dit de fermer la fenêtre », lui a-t-il enjoint. Le Premier ministre l’a regardé, les yeux ronds, puis il est parti.
476 prisonniers marocains au total ont été emmenés dans les centres de Blida, Chlef, Boufarik et autres avec des officiers et pilotes. En 1979, ils ont ramené des pilotes et des officiers à Tindouf, ils les ont remis au Polisario, le reste est resté au nord de l’Algérie.
En 1987, ils ont échangé 150 prisonniers marocains contre 106 prisonniers algériens qui étaient détenus au Maroc. Ces prisonniers algériens avaient été capturés à Amgala. Le reste est resté entre les mains des Algériens qui les ont remis au Polisario plus tard. Quand de nouveaux prisonniers marocains arrivaient à Rabouni, les Algériens arrivaient immédiatement pour les interrogatoires. Quand les Algériens débarquaient à Tindouf, c’était pour donner des ordres.
Concernant les cas de retour de responsables du Polisario au Maroc. Najab rapporte que du côté du Polisario, c’était le mutisme complet. Ils essayaient de ne pas donner d’importance à ces défections pour ne pas paraître marqués par ces événements.
L’ancien pilote se rappelle l’histoire de ce blessé de guerre du Polisario, qui s’amusait à entretenir des discussions avec les prisonniers. Un jour ce blessé lui demande ce qu’il pense du retour de Omar Hadrami au Maroc. Le pilote répond que le Polisario le considère comme un traître. Le membre du Polisario a souri puis a dit : « Il y a beaucoup de gens dans les camps qui voudraient faire comme lui. Mais comme ils ont des enfants, ils ne peuvent pas ». Quand l’officier marocain lui a demandé ce qu’il en pensait, il répond, à la grande surprise du pilote : « Je serais beaucoup plus utile pour le Maroc ici, en sensibilisant la population des camps pour le Maroc ».
Rejoignez-nous sur WhatsApp
Rejoignez-nous sur telegram
Suivez-nous sur Google News







