Banque mondiale : une croissance mondiale limitée à 2,6% en 2026, malgré la résistance de l’économie

La Banque mondiale anticipe une croissance mondiale faible de 2,6% en 2026, tout en soulignant une forme de résilience de l’économie face à la montée des tensions commerciales. Dans ses nouvelles projections publiées mardi, l’institution basée à Washington explique avoir revu ses prévisions à la hausse, principalement grâce à une meilleure dynamique attendue aux États-Unis, qui concentrent près des deux tiers de cette réévaluation.

Pour Indermit Gill, chef économiste de la Banque mondiale, le signal est clair : malgré un environnement instable, l’économie a mieux tenu que prévu. Il met en avant plusieurs facteurs qui ont soutenu l’activité en 2025 et qui ont contribué à amortir les chocs : un stockage massif réalisé par des entreprises en anticipation de droits de douane, un appétit pour le risque plus fort qu’attendu chez les investisseurs, et une hausse marquée des dépenses d’investissement dans les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.

Mais ce tableau de résistance s’accompagne d’alertes. Première inquiétude : près de 1 pays à bas revenu sur 4 n’a toujours pas retrouvé son niveau économique d’avant la pandémie. Dans ce contexte, la Banque mondiale prévoit un ralentissement dans les économies en développement : la croissance y serait de 4% en 2026, contre 4,2% l’an dernier. Quant aux pays à bas revenus, la croissance devrait être plus élevée, mais insuffisante pour réduire l’écart de revenus avec les économies les plus riches.

Deuxième inquiétude, plus structurelle : la Banque mondiale observe une tendance au ralentissement de long terme de la croissance potentielle mondiale. Indermit Gill insiste sur un indicateur clé : la hausse annuelle des investissements, ramenés par habitant, serait passée de 8% dans les années 2000 à environ 2,5% dans les années 2020. Derrière cette dynamique, l’institution cite un déclin démographique, une baisse persistante de l’investissement privé, et un contexte commercial plus contraignant, avec des droits de douane plus élevés qu’au cours des 3 ou 4 dernières décennies, ainsi que l’usage croissant de barrières non tarifaires.

Ces tendances pourraient peser lourdement sur les pays en développement et à bas revenus, déjà confrontés à une équation sociale massive : créer 1,2 milliard d’emplois au cours des 10 prochaines années, alors même que les investissements ralentissent et que les finances publiques restent sous tension. Pour la Banque mondiale, le risque est celui d’une croissance trop faible et trop inégalement répartie, incapable de soutenir durablement l’emploi, la réduction de la pauvreté et le rattrapage économique.

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