Le premier vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Greg Guyett, a accordé une interview à la MAP dans le cadre de sa visite officielle au Maroc.
Dans cet entretien, M. Guyett a mis en avant la profondeur du partenariat Maroc-BERD, indiquant que 2025 devrait être une année record pour l’institution en termes de nouveaux contrats, avec environ 1 milliard de dollars américains de signatures. Il a attribué cette dynamique à la coopération étroite avec le gouvernement marocain, mais aussi au travail mené avec le secteur privé, aussi bien les grandes entreprises que les PME.
Le responsable s’est dit impressionné par la stabilité macroéconomique du Royaume, qu’il relie aux politiques publiques menées sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a cité, parmi les indicateurs marquants, la récente amélioration de la notation souveraine du Maroc à la catégorie « investment grade », ainsi qu’une croissance économique soutenue, conjuguée à une inflation relativement maîtrisée.
Selon M. Guyett, la stabilité du Royaume, des coûts de production compétitifs à l’échelle régionale et la proximité avec des marchés stratégiques comme l’Europe et les pays du Golfe renforcent l’attractivité du Maroc pour les investisseurs. Il a également évoqué les Zones d’Accélération Industrielle, la vision marocaine en matière de transition énergétique, axée sur le développement des énergies renouvelables, ainsi que les efforts engagés sur le défi de l’eau pour garantir un environnement hydrique résilient et durable. Dans ce cadre, la BERD a signé un financement de 150 millions d’euros, soit environ 1,617 milliard de dirhams, pour le projet « Conservation des eaux de la plaine de Saïss – SAISS III ».
Interrogé sur la résilience de l’économie marocaine, le premier vice-président de la BERD a estimé qu’elle s’est illustrée notamment après l’annonce par les États-Unis de droits de douane massifs lors du « Liberation Day », un épisode ayant entraîné des sorties de capitaux sur plusieurs marchés émergents, un phénomène qu’il juge moins marqué au Maroc grâce à sa stabilité, sa notation investment grade et à ses perspectives de croissance.
M. Guyett a rappelé que l’action de la BERD au Maroc vise d’abord le soutien au secteur privé, en appui à la croissance des entreprises, ainsi que des programmes menés avec des banques partenaires pour faciliter l’accès des PME aux chaînes d’approvisionnement et aux marchés. Il a également cité des initiatives en faveur des jeunes et des femmes, axées sur le développement des compétences et l’inclusion économique.
Enfin, il a indiqué que les priorités de la Banque s’articulent autour du renforcement du secteur privé, du développement de systèmes énergétiques et industriels plus propres et plus résilients, et de l’appui au développement rural, avec un accent sur l’eau, les énergies renouvelables, l’amélioration du réseau et l’interconnexion. Concernant la Coupe du Monde 2030, il a évoqué des échanges sur des transports durables, la réutilisation des infrastructures et la transformation de la visibilité mondiale en retombées touristiques durables, notamment via des projets hôteliers.
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