Au Maroc, le gaspillage alimentaire ne peut plus rester un angle mort des politiques publiques

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) appelle à l’adoption d’un plan d’action ciblé pour réduire les pertes et le gaspillage alimentaires, un phénomène aux impacts économiques, sociaux et environnementaux croissants.

S’exprimant mercredi à Rabat lors de la présentation de l’avis du Conseil intitulé « Pertes et gaspillage alimentaires au Maroc : ampleur du phénomène et enjeux pour une intervention efficace », le président du CESE, Abdelkader Amara, a souligné que ce phénomène touche l’ensemble de la chaîne de valeur alimentaire.

Certaines filières agricoles, notamment les fruits, les légumes et les céréales, enregistrent des pertes comprises entre 20% et 40% durant les phases de production, de récolte, de stockage et de transport.

Face à ces enjeux, le CESE plaide pour l’intégration de la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires au cœur d’une future stratégie nationale d’alimentation durable, visant à renforcer la souveraineté alimentaire, préserver les ressources naturelles et promouvoir un modèle alimentaire plus durable et résilient.

Le Conseil recommande notamment l’élaboration d’une loi anti-gaspillage, la clarification des dates de péremption, la mise en place d’un mécanisme de gouvernance coordonné ainsi que la création d’un observatoire national chargé de centraliser les données et d’orienter les politiques publiques.

Il préconise également le développement d’infrastructures de stockage et de transport adaptées, comme des silos hermétiques et des chambres froides solaires, ainsi que la promotion des circuits courts, des unités de transformation de proximité et des solutions numériques de gestion des stocks et de redistribution des invendus.

Selon Mina Rouchati, membre du Conseil et rapporteure de l’avis, les ménages marocains ont jeté environ 4,2 millions de tonnes de denrées alimentaires en 2022, soit 113 kilogrammes par habitant et par an. Cette situation mobilise également plus de 1,6 milliard de mètres cubes d’eau chaque année pour produire des aliments qui ne sont finalement pas consommés.

L’avis du CESE a été élaboré selon une approche participative, nourrie par des auditions avec les parties prenantes et par des consultations menées sur la plateforme citoyenne ouchariko.ma.

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