5%.
Un chiffre qui tombe à pic. Presque aussi attendu… que la pluie elle-même.
Selon le Haut-Commissariat au Plan, la croissance nationale aurait atteint ce niveau au premier trimestre 2026. Une performance solide, de celles qui redonnent des couleurs aux tableaux Excel et le sourire aux analystes.
Mais comme souvent au Maroc, il suffit de lever les yeux vers le ciel pour comprendre l’histoire derrière les chiffres.
Car cette croissance repose largement sur un moteur bien connu : l’agriculture, en hausse de près de 14,8%, portée par une pluviométrie exceptionnelle. Une bénédiction climatique… mais aussi un vieux réflexe économique.
On pourrait presque résumer la situation ainsi :
quand il pleut, l’économie pousse. Quand il fait sec, elle tousse.
Derrière cette formule, un constat persistant : le Maroc n’a pas totalement rompu avec sa dépendance aux aléas climatiques. Chaque bonne campagne agricole agit comme un coup d’accélérateur. Chaque mauvaise saison, comme un frein brutal.
Pourtant, le Royaume ne manque pas d’ambition. Industrialisation, montée en gamme, développement des services, investissements dans les technologies… Les chantiers sont lancés, les stratégies bien alignées, et les discours résolument tournés vers l’avenir.
Mais dans les faits, le thermomètre économique reste encore très sensible à la météo.
Alors oui, les secteurs non agricoles progressent. Ils gagnent en consistance, en résilience, en complexité. Mais leur dynamique reste encore trop timide pour absorber les variations du secteur primaire.
Résultat : une croissance qui avance… mais qui regarde encore souvent les prévisions météo avant de confirmer ses ambitions.
Et ce n’est pas qu’une question de chiffres. Derrière cette dépendance, il y a des millions de Marocains dont les revenus fluctuent au rythme des saisons, des territoires entiers qui vivent au gré des récoltes, et une économie qui peine encore à lisser ses cycles.
Le vrai défi n’est donc pas d’atteindre 5%.
Il est de faire en sorte que ces 5% deviennent la norme… même quand les nuages se font rares.
Car au fond, une économie moderne ne devrait pas avoir besoin d’un bulletin météo pour prévoir sa croissance.
Mehdi Msaddeq
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