États-Unis : Donald Trump ouvre la voie à un rapprochement avec Anthropic

Après plusieurs semaines de confrontation, la Maison Blanche semble vouloir calmer le jeu avec Anthropic. Donald Trump a indiqué que son administration pourrait finalement trouver un terrain d’entente avec la société américaine spécialisée dans l’intelligence artificielle générative, alors même que les relations entre les deux parties avaient été brutalement interrompues 2 mois plus tôt.

À l’origine du différend, la position d’Anthropic sur l’usage de ses technologies dans les domaines sensibles de la défense et de la surveillance. L’entreprise avait exprimé ses réserves quant à l’exploitation de ses modèles pour des dispositifs de surveillance à grande échelle et pour certaines opérations militaires offensives. Des restrictions que Washington avait jugées inacceptables.

Fin février, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait ainsi mis un terme au contrat liant l’État fédéral à la start-up. Dans la foulée, il avait également demandé que l’entreprise soit classée parmi les sociétés considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale, une mesure particulièrement inhabituelle pour un acteur technologique américain.

Anthropic a contesté cette décision devant les tribunaux. La bataille judiciaire reste d’ailleurs ouverte, avec des procédures distinctes engagées à San Francisco et à Washington. Si un juge fédéral en Californie a temporairement bloqué certaines mesures, d’autres juridictions ont maintenu une partie du dispositif contesté. Les deux affaires doivent encore être tranchées sur le fond.

Malgré ce climat conflictuel, Donald Trump a adopté un ton plus conciliant. Lors d’un entretien accordé à CNBC, le président américain a estimé qu’un accord avec Anthropic demeurait possible, soulignant l’expertise technologique de l’entreprise et l’intérêt que pourrait en tirer son administration.

Ce changement de ton a été précédé par un signal politique important. Vendredi dernier, le patron d’Anthropic, Dario Amodei, a été reçu à la Maison Blanche pour une réunion qualifiée de constructive par l’entreprise. Cette rencontre, à laquelle ont pris part Susie Wiles et Scott Bessent, laisse entrevoir une tentative de reprise du dialogue entre Washington et l’un des acteurs les plus influents de l’IA générative.

En dépit des tensions, Anthropic conserve une place stratégique dans l’appareil sécuritaire américain. Son modèle Claude demeure, à ce stade, le seul autorisé pour certaines opérations classifiées menées par l’armée américaine, ce qui renforce encore l’importance de ce dossier à la croisée de la technologie, de l’éthique et de la souveraineté.

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