On a perdu.
Chez nous. Devant nos yeux. Dans notre stade. Sur notre pelouse. Avec nos chants dans les gradins et nos mères devant la télé et nos pères qui ne pleurent jamais sauf ce soir-là.
On a perdu la CAN. Et quarante millions de Marocains auraient dû dire mektoub.
Ils ne l’ont pas dit.
Ils ont dit « l’arbitre ». Ils ont dit « l’entraîneur sénégalais». Ils ont dit « le complot ». Ils ont dit tout sauf le seul mot qui aurait pu les libérer.
Parce que oui — il y a eu les événements. Le chaos de cette fin de match. Les scènes qu’on ne veut plus revoir. Et oui — tout ça mérite d’être dit, sanctionné, traité. Je ne fais pas l’impasse. Personne ne devrait faire l’impasse.
Mais.
Mais si on est honnêtes — VRAIMENT honnêtes, entre nous, sans caméra et sans tribune — on était un cran en dessous. Les stats le disent. Le jeu le disait. Sans Bono, on aurait encaissé en première mi-temps. On a eu des occasions et on ne les a pas mises. On a joué avec la peur de perdre au lieu de jouer avec l’envie de gagner. Et ça, les événements de fin de match ne l’expliquent pas. Ça, c’est NOUS.
Et le jour d’après, au lieu de dire « mektoub, on a donné ce qu’on avait, on reviendra » — on a cherché des coupables. Et chercher des coupables quand tu as perdu, c’est le signe que tu n’as pas encore accepté la défaite. C’est le deuxième mektoub. Le dévoyé. Celui qui refuse de regarder.
Mektoub.
Sept lettres. Deux syllabes de souffle. Et dans ces syllabes — dans ce son court, presque murmuré, comme une prière qui ne veut pas déranger Dieu — il y aurait dû y avoir tout. La douleur. La fierté malgré la douleur. La rage avalée. L’acceptation qui n’est pas de la résignation. Et cette chose que les autres peuples ne comprennent pas et que nous on porte dans le ventre depuis des siècles : la capacité de perdre DEBOUT.
L’Occidental entend « fatalisme ».
L’Occidental se trompe.
Mais nous aussi, ce soir-là, on s’est trompés. On avait le mot. On ne l’a pas utilisé.
Il y a deux mektoubs au Maroc. Et personne ne les distingue. Et c’est là que tout se joue.
Le premier mektoub — le vrai, l’originel, celui du Coran — c’est le mektoub de la LIBÉRATION. Tu fais ton travail. Tu donnes tout. Tu plantes ton olivier, tu construis ta maison, tu prépares ton match — et au moment du résultat, tu lâches. Tu confies. Et dans ce lâcher-prise il y a une PUISSANCE immense — parce que l’homme libéré du résultat est un homme qui ne peut plus être détruit par l’échec. Tu peux le battre. Tu ne peux pas le briser.
Le deuxième mektoub — le dévoyé, le tordu, celui qui s’est glissé dans la langue comme un virus dans un logiciel — c’est le mektoub de la PARALYSIE. « Si c’est mektoub, ça arrivera. » Point. Je ne fais rien. J’attends. Je regarde les autres faire et je dis mektoub. Ce mektoub-là a volé le mot du premier et l’a vidé de son sang. Il a pris un acte de foi et l’a transformé en canapé.
Et le Maroc oscille entre les deux.
Chaque jour. Chaque heure. Chaque décision.
La CAN.
Je vais dire un truc que personne ne dit.
On n’a pas perdu contre le Sénégal. On a perdu contre notre propre peur de perdre.
Regardez les vingt dernières minutes. Les épaules qui rentrent. Les passes en retrait. Les dégagements qui ne cherchent personne. Ce n’est plus du football — c’est de la CONSERVATION. De la peur liquide sur une pelouse verte. Des hommes qui ont tellement peur de perdre qu’ils ont oublié comment gagner.
Et cette peur — cette peur précise, spécifique, marocaine — je la connais. Je la porte. On la porte TOUS.
Le gamin qui copie le premier de la classe au lieu de chercher sa propre réponse. Et le prof ne dit rien. Et les parents non plus. Parce que la copie a RÉUSSI — le gamin a eu la note. Et au Maroc, le résultat couvre la méthode. Personne ne demande COMMENT tu as eu 16. On demande SI tu as eu 16. Et le gamin apprend — à huit ans, à dix ans, à douze ans — que l’original est un risque et que la copie est un plan. Et il grandira avec ça. Et il deviendra entrepreneur avec ça.
L’entrepreneur.
Il y a au Maroc une génération entière d’entrepreneurs qui font des choses extraordinaires. Qui inventent. Qui osent. Qui attachent le chameau chaque matin et qui avancent dans le brouillard. Je les vois. Je les admire. Ils sont le premier mektoub fait chair.
Et il y a les autres. Plus nombreux. Plus silencieux. Ceux qui regardent ce qui MARCHE — la franchise qui tourne, le concept qui a buzzé, le restaurant qui cartonne — et qui COPIENT. Pas adaptent — copient. Le même menu. Le même décor. Le même nom avec une lettre en plus ou en moins. Tu ouvres un coffee shop qui marche, et en six mois il y en a trente dans le même quartier. Tu lances un concept de coworking, et en un an c’est devenu un paysage de clones. Pas parce que les gens manquent d’idées. Les idées sont partout. Mais une idée originale, ça veut dire marcher seul. Et marcher seul, au Maroc, c’est marcher sans filet. Et le filet, au Maroc, c’est le groupe. C’est le « tout le monde fait ça ». C’est le « ça a marché pour lui ». C’est le deuxième mektoub appliqué au business — « si c’est mektoub que ce concept marche, il marchera pour moi aussi ». Sauf que le mektoub de l’autre n’est pas transférable. Le chameau de l’autre n’est pas ton chameau.
Et le marketeur. Et je parle de moi. Je suis marketeur depuis dix-sept ans et je sais exactement ce que c’est que de regarder ce qui marche ailleurs et d’ADAPTER au lieu de CRÉER. De prendre un concept étranger, de le « marocaniser », de le « localiser » — mots élégants pour dire : on n’a pas osé inventer. On a pris le chemin de quelqu’un d’autre et on l’a repeint aux couleurs du drapeau. Et chaque fois qu’on fait ça — chaque fois qu’une marque marocaine copie une marque étrangère au lieu de trouver sa propre voix — c’est le deuxième mektoub qui gagne un point. C’est la peur qui marque un but.
Et si tu veux rire — et il FAUT rire, parce que sinon on pleure — regarde l’histoire du Maroc entrepreneurial par décennies. C’est un film comique en boucle.
Les années 90. Les téléboutiques. Tu te souviens ? Un type ouvre une téléboutique dans le quartier. Ça marche. Trois mois plus tard, il y en a QUATRE dans la même rue. Seize cabines téléphoniques à vingt mètres les unes des autres, quatre comptoirs identiques, quatre mecs assis derrière le même combiné en attendant les mêmes clients. Et le quatrième regarde le premier et se dit « je comprends pas pourquoi ça marche pas pour moi ». Mon frère — tu es la COPIE de la copie de la copie. Tu es le générique du générique. Tu es la téléboutique homéopathique.
Et les cybers. Le même scénario, même époque. Un cyber-café ouvre. Vingt postes. La queue jusqu’au trottoir. Et en six mois le boulevard entier est un cyber-café. Le même écran. Le même clavier jauni. Le même poster de Zinédine Zidane scotché au mur. Et le même « 5 dirhams l’heure » écrit au marqueur sur un carton. Comme si Internet avait un goût différent d’un cyber à l’autre. Spoiler : le goût était le même. C’était celui de la poussière et de Windows 98.
Les années 2000. Les sushis. Le Maroc découvre le sushi. UN restaurant ouvre. Ça marche. Et d’un coup — comme les téléboutiques mais en version wasabi — TOUT le monde fait du sushi. Le traiteur du coin fait du sushi. Le snack qui vendait des bocadillos fait du sushi. Le type qui ne savait pas prononcer « maki » il y a six mois a maintenant un menu « Tokyo-Casa Fusion ». Et le riz est trop cuit. Et le saumon est suspect. Et la sauce soja vient d’un bidon de cinq litres acheté à Derb Omar. Mais c’est du sushi. Parce que le voisin fait du sushi. Et si le voisin fait du sushi, alors le sushi est mektoub.
Les années 2010. Les tacos. Le même film. Exactement le même. Retirez « sushi » et mettez « tacos ». Mêmes acteurs. Même scénario. Même dénouement. Le Maroc a découvert le tacos français — qui n’a rien de mexicain, qui est une invention lyonnaise, ce qui en fait déjà une copie d’une copie — et en a fait une franchise nationale non déclarée. Chaque coin de rue. Le même wrap. La même sauce. Le même « Tacos XXL » écrit en jaune fluo. Et tu peux traverser tout Casablanca d’est en ouest et manger le MÊME tacos dans quarante endroits différents qui croient tous être originaux.
Et maintenant — 2025, 2026 — les coffee shops. Le bubble tea. Les poke bowls. Le même cycle. Le même film. Les mêmes acteurs en tenue différente. Le Maroc copie comme il respire — avec enthousiasme, sans complexe, et avec cette capacité sidérante de transformer n’importe quelle tendance mondiale en boulevard de clones en moins de six mois.
Et c’est drôle. C’est vraiment drôle. Et c’est aussi — quelque part sous le rire — un peu triste. Parce que le type qui ouvre le quatrième cyber de la rue avait peut-être UNE idée. UNE chose à lui. UNE façon de faire différemment. Mais le deuxième mektoub lui a murmuré : « pourquoi risquer ? Le voisin fait ça, le voisin survit. Fais pareil. » Et l’idée est restée dans le tiroir. Et le tiroir est resté fermé. Et le Maroc a gagné un cyber et perdu une idée.
Le fils qui choisit la même carrière que le père parce que le chemin est tracé et que tracer le sien c’est risquer de se perdre. Et se perdre, au Maroc, est le pire des péchés sociaux — pire que l’échec, parce que l’échec on peut le couvrir de mektoub, mais l’égarement n’a pas de couverture. L’échec est mektoub. L’égarement est hchouma. Et entre mektoub et hchouma, le Marocain choisira toujours le chemin qui évite hchouma — même si ce chemin ne mène nulle part.
On copie parce que copier est sûr. On reproduit parce que reproduire ne dérange personne. Et le deuxième mektoub couvre le tout d’un voile de piété : « Si Dieu veut que je réussisse, je réussirai. » Et tu t’assieds. Et tu attends. Et tu copies en attendant. Et tu appelles ça de la foi alors que c’est de la PEUR déguisée en patience.
Et le pire — le plus triste — c’est que le Maroc est un pays d’INVENTEURS. Un pays de débrouillards. Un pays où le mécanicien de quartier répare une Mercedes avec un fil de fer et un tournevis et l’intuition d’un ingénieur qui n’a jamais vu l’intérieur d’une école. Un pays où les femmes ont inventé des systèmes de gestion domestique d’une sophistication que McKinsey ne comprendra jamais. Un pays où chaque souk est un accélérateur de startups qui fonctionne depuis des siècles sans levée de fonds. Le génie est LÀ. L’originalité est LÀ. Elle dort sous le deuxième mektoub comme la ville engloutie sous le lac. Et le premier mektoub — le vrai — pourrait la réveiller. Si on le laissait faire.
Mon père a fait le tour du monde.
Et un jour il est rentré. Et il a dit « la routine ». Et dans ce mot il y avait le premier mektoub — celui de l’homme qui a fait, qui a donné, qui a VU, et qui accepte que la suite appartient à Dieu. Mon père n’a pas dit « la routine » par paresse. Il l’a dit par sagesse. La routine de mon père est un mektoub APRÈS l’effort.
Le problème, c’est quand le mektoub vient AVANT l’effort. Quand tu dis « la routine » sans avoir jamais quitté ton salon. C’est la différence entre un homme qui se repose après la course et un homme qui se repose AU LIEU de courir. Le même mot. Deux mondes.
Et Ramadan éclaire tout.
Parce que le jeûne EST le premier mektoub en action. Tu fais l’effort — tu jeûnes, tu te lèves à 4h, tu tiens seize heures, tu donnes tout ce que ton corps peut donner — et le résultat, tu le remets à Dieu. « Allahouma ini saym » — ô Dieu, je jeûne. Tu ne dis pas « ô Dieu, récompense-moi ». Tu dis « je jeûne ». Le geste. Et la récompense viendra — ou pas — et ce « ou pas » est le cœur de la foi.
Mais combien jeûnent du deuxième mektoub ? Par inertie, par habitude, par peur sociale — le mektoub-canapé, celui qui dit « tout le monde le fait donc je le fais » sans jamais se poser la question du pourquoi ?
Le premier mektoub jeûne les yeux ouverts.
Le deuxième jeûne les yeux fermés.
Après la CAN, j’ai regardé les réactions.
Et j’ai vu le deuxième mektoub partout.
Sur Twitter. Sur Facebook. Sur les terrasses. « L’arbitre. » « Les fans sénégalais. » « Le complot africain. » Le mektoub-excuse à plein volume. Celui qui refuse de regarder les vingt dernières minutes et d’admettre qu’on a eu PEUR. Ce mektoub-là protège l’ego. Mais il tue l’avenir. Parce que celui qui ne reconnaît pas sa peur ne la vaincra jamais.
Et puis, plus rares, plus silencieux — ceux qui ont dit le vrai mot. Ceux qui avaient les larmes aux yeux ET le dos droit. Qui disaient « on a donné ce qu’on avait, les événements sont ce qu’ils sont, et on reviendra ». Ce mektoub-là est MAGNIFIQUE. Ce mektoub-là est la raison pour laquelle le Maroc se relève toujours — de la colonisation, des années de plomb, des tremblements de terre. Ce mektoub-là est un blindage de l’âme. Il dit : oui, il y a eu le chaos. Oui, il y a eu des choses inacceptables. ET oui, on était un cran en dessous. Les deux sont vrais en même temps. Le premier mektoub sait tenir deux vérités. Le deuxième n’en supporte qu’une — celle qui le protège.
Sarah a dix ans. Et l’autre jour, elle a eu une mauvaise note (ce qui pour elle est un A-)
Elle est rentrée et elle m’a dit — avec sa gravité de correspondante de guerre — « Papa, j’ai raté. »
Et dans ma tête, les deux mektoubs se sont battus.
Le deuxième voulait dire : « C’est pas grave chérie, mektoub. » Protéger. Adoucir. Couvrir l’échec d’un voile tendre.
Le premier a gagné.
« Tu as révisé ? »
« Oui. »
« Tu as donné ce que tu avais ? »
« Oui. »
« Alors la note n’est qu’un chiffre. Le travail est à toi. Le chiffre n’est pas à toi. Demain tu recommences. Et mektoub, ça veut dire que Dieu a vu l’effort — même si le cahier ne l’a pas noté. »
Je ne voulais pas que ma fille apprenne le mektoub-canapé. Je voulais qu’elle apprenne le mektoub-blindage — celui qui te dit : tu as fait ta part. Le reste, c’est le reste. Et demain tu te lèves.
Il y a un hadith que je porte en moi.
Un homme demande au Prophète ﷺ : « Dois-je attacher mon chameau ou m’en remettre à Dieu ? »
Et le Prophète ﷺ répond : « Attache ton chameau, PUIS remets-toi à Dieu. »
ATTACHE. Puis remets.
L’ordre est tout. D’abord tu fais. D’abord tu noues, tu cours, tu sues, tu donnes, tu risques. Et APRÈS — après seulement — tu confies. Le mektoub vient APRÈS l’attache. Pas AVANT. Pas À LA PLACE.
Et ce hadith est peut-être le plus grand cours de management, de sport, de vie — jamais donné en une phrase. Attache ton chameau. Ensuite, et seulement ensuite, lâche les rênes.
Maya veut sa poupée en mai.
Et elle ne dit pas mektoub. Elle dit « je veux ». Et elle planifie. Et elle attend — mais son attente est ACTIVE, habitée, pleine du désir et du travail et de la joie d’y être. Maya à sept ans fait le premier mektoub sans le savoir.
Ilyane à dix-huit mois ne connaît pas le mot. Il veut un jouet, il va vers le jouet, il tombe, il se relève, il retombe, il rerit, il y retourne. Ilyane est le mektoub originel — l’acte pur, l’effort pur, la chute et le relèvement sans aucune excuse, aucune peur. Le jour où Ilyane apprendra le mot, j’espère de tout mon cœur qu’il apprendra le premier.
Le Maroc est un pays qui se relève.
Toujours. De tout. Et chaque fois, le premier mektoub le porte — cette capacité folle de prendre le coup, de souffler, de dire « mektoub » avec des larmes dans les yeux et de la terre sur les mains, et de se lever le lendemain et de CONSTRUIRE.
Le danger — le vrai, le silencieux — c’est que le deuxième gagne du terrain. Que les jeunes disent « mektoub » AVANT d’essayer. Que le pays dise « mektoub » AVANT de rêver. Que ce mot magnifique, ce blindage de l’âme, cette technologie de résilience vieille de quatorze siècles — devienne un somnifère.
Et ça, ce serait la vraie défaite. Pas la CAN. La vraie défaite c’est un peuple qui dit mektoub en position allongée.
Ce soir, au ftour, je vais penser au match. Aux vingt minutes. À la peur dans les jambes de joueurs qui avaient tout donné. Et je vais penser à Sarah et à sa note. Et à Ilyane qui tombe et rit et retombe. Et à mon père qui dit « la routine » après avoir fait le tour du monde.
Et je vais penser à ce chameau.
Et je vais me dire que le Maroc — ce pays de contradictions, ce pays qui rit quand ça va mal, ce pays qui produit des ingénieurs et ne règle pas son fuseau horaire — ce pays a toujours su attacher son chameau.
Mektoub, c’est ce qu’on dit APRÈS.
Après l’effort. Après le don. Après les larmes. Après la défaite. Après la victoire aussi — parce que la joie est mektoub. La beauté est mektoub. L’enfant qui naît. La datte du ftour. Le rire de Maya. La main d’Ilyane sur tes cheveux. Tout est mektoub — à condition d’avoir attaché le chameau d’abord.
Et si tu n’as pas attaché — si tu es resté assis en disant « c’est le destin » — ce n’est pas du mektoub.
C’est du canapé.
Pour le match. Pour les vingt minutes. Pour les larmes dans les gradins.
Pour Sarah et sa mauvaise note — et le mektoub qu’elle apprend.
Pour Ilyane qui tombe et rit et retombe — le mektoub originel.
Pour mon père et sa routine APRÈS le tour du monde.
Pour le chameau — qu’on l’attache. Toujours. D’abord.
Pour le Maroc qui se relève. Chaque fois. De tout. Depuis toujours.
Bon ftour.
Noureddine Qadiri Boutchich
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