La justice française a émis des mandats d’arrêt contre les gérants de la plateforme de vidéos Kick, basés en Australie, après leur absence à une convocation à Paris, a annoncé le parquet de Paris. Une information judiciaire a également été ouverte visant la plateforme.
L’affaire remonte au décès, en direct, de Raphaël Graven, 46 ans, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove, survenu le 18 août 2025 près de Nice. Sa chaîne, suivie par près de 200.000 personnes, diffusait depuis des mois des scènes de violences et d’humiliations où il apparaissait insulté, frappé, menacé ou visé par des tirs de projectiles de paintball, présentés par les promoteurs comme des contenus “scénarisés”.
Deux volets d’enquête sont évoqués. À Nice, 2 suspects, les streamers Naruto et Safine, partenaires de Jean Pormanove, ont été placés en garde à vue. Ils sont notamment entendus pour violences en réunion, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap et de l’orientation sexuelle, ainsi que pour enregistrement et diffusion d’images de violences.
À Paris, les auditions des dirigeants de Kick devaient permettre de recueillir leurs observations sur les faits reprochés et sur d’éventuelles mesures de mise en conformité prises depuis le décès. Les investigations sont désormais confiées à un juge d’instruction, chargé d’approfondir l’analyse des montages et schémas financiers de la société, décrits comme encore opaques à ce stade.
Le parquet affirme que l’information judiciaire devra aussi clarifier les liens économiques entre le vidéaste décédé et la plateforme. Des flux financiers suspects auraient été identifiés, laissant envisager un financement direct de la chaîne par Kick et ses dirigeants.
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