Stellantis, le “reset” à 22 milliards d’euros qui a fait décrocher l’action

La Bourse de Paris a sanctionné Stellantis comme rarement. Vendredi 6 février 2026, l’action du constructeur franco-italo-américain a signé sa pire chute depuis l’introduction du titre en 2021, avec un recul d’environ 23% en matinée, autour de 6,28 euros.

En cause : l’annonce de charges exceptionnelles colossales de 22 milliards d’euros sur l’exercice 2025. Stellantis explique notamment avoir surestimé le rythme des ventes de véhicules électriques, un ajustement qu’il présente comme un “reset” profond destiné à remettre “les clients au centre” et à retrouver une croissance rentable.

Cette annonce intervient alors que le groupe a déjà connu un net ralentissement : en 2024, Stellantis avait publié un bénéfice net en forte baisse, à 5,5 milliards d’euros. Sur le marché, le choc est d’autant plus violent que, malgré l’idée d’un “reset” attendue, l’ampleur dépasse les scénarios prudents. Selon Oddo BhF, leurs estimations tablaient plutôt sur 7 milliards d’euros de charges additionnelles.

Ces charges massives feraient mécaniquement basculer Stellantis dans le rouge sur 2025 et représentent presque l’équivalent du cumul des bénéfices nets 2023 et 2024. Le groupe précise que 14 milliards d’euros concernent notamment la révision de la gamme de produits aux États-Unis.

La baisse a aussi contaminé le secteur automobile européen : Renault, Volkswagen et Volvo reculaient également en Bourse vendredi. Stellantis s’inscrit dans une tendance plus large : Ford et General Motors ont eux aussi annoncé récemment d’importantes charges exceptionnelles liées à l’ajustement de leurs ambitions dans l’électrique.

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