Promotion immobilière au Maroc : une reprise réelle mais fragile

Boosté par le programme « Daam Sakane », le secteur immobilier marocain renoue avec la croissance après plusieurs années d’essoufflement. Mais cette reprise demeure fragile, sur fond de tensions structurelles qui pèsent toujours sur la chaîne de valeur.

En 2024, Addoha a réalisé un chiffre d’affaires de 2,6 MMDH, en progression annuelle de 22%, portée par une forte montée en cadence des préventes et des livraisons. Le groupe a lancé 10.376 unités, contre 7.281 en 2023, soit une hausse de 61%.
Les préventes ont atteint 10.697 unités, confirmant le retour d’une demande active, notamment en Afrique de l’Ouest où Addoha réalise 21% de son activité.

Holding Al Omrane, acteur public de référence, confirme son leadership. Avec 5,4 MMDH de chiffre d’affaires (+26,6%), la holding a engagé 17.025 unités en 2024, dont plus de 4.300 via des partenariats PPP. Le groupe a également réduit sa dette et renforcé sa capacité financière, soutenant ainsi la dynamique du programme de logement social.

Au total, les entreprises du secteur classées dans le Top 500 affichent un chiffre d’affaires global de 13,5 MMDH, soit 1,3% du CA national.

Cependant, plusieurs fragilités s’accentuent.

  • Le foncier, plus rare et plus cher, surtout dans les grandes agglomérations.
  • Les coûts de construction, en forte hausse : selon la FNPI, certains matériaux ont vu leurs prix grimper de 40 à 50%, et d’autres de 100 à 200%.
  • La pénurie de main-d’œuvre qualifiée, affectant les délais de livraison dans plusieurs villes.
  • Une fiscalité jugée lourde, malgré la réforme de la TNB adoptée en 2025.
  • Les surcoûts logistiques et énergétiques, accentués depuis 2021.

Malgré ces contraintes, la demande reste solide, alimentée par les MRE, les jeunes primo-accédants et les ménages ciblant des logements entre 300.000 et 700.000 DH. Le gouvernement annonce d’ailleurs vouloir renforcer la régulation, améliorer l’accès au foncier et orienter davantage les projets vers les segments à forte demande.

La reprise est bien là, mais elle reste fragile, tant que les obstacles structurels ne seront pas levés sur l’ensemble de la chaîne immobilière.

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