Quelques heures avant l’ouverture d’un procès très attendu à Los Angeles, TikTok a conclu un accord confidentiel avec une plaignante dont le dossier devait servir de cas test dans une vaste procédure visant aussi Meta et YouTube. Une semaine plus tôt, Snapchat avait déjà choisi la même option, laissant désormais Instagram, Facebook et YouTube seuls face au tribunal dans ce premier volet.
Au cœur de l’affaire, une Californienne de 19 ans (identifiée sous les initiales K.G.M.) affirme avoir développé, dès l’enfance, une addiction aux plateformes, qu’elle relie à un état dépressif, de l’anxiété, des troubles de l’image corporelle et des pensées suicidaires. Sa plainte a été sélectionnée pour servir de référence dans la gestion de litiges de masse similaires.
La stratégie des avocats des plaignants vise non pas les contenus publiés, mais la conception des applications: ils accusent les géants de la tech d’avoir sciemment développé des mécanismes, notamment les algorithmes de recommandation personnalisés, pour prolonger au maximum le temps passé sur les plateformes. Une approche pensée pour contourner la protection juridique souvent invoquée par ces entreprises aux États-Unis, et qui rappelle la méthode utilisée, dans les années 1990 et 2000, contre l’industrie du tabac.
Le procès, annoncé pour durer 6 à 8 semaines, pourrait braquer les projecteurs sur les pratiques internes des plateformes. Plusieurs dirigeants de premier plan pourraient être appelés à témoigner, dont Mark Zuckerberg. Les débats de fond ne devraient toutefois débuter qu’au début de février, après la sélection des jurés.
Cette procédure s’inscrit dans un contexte international de durcissement de la régulation. L’Australie, par exemple, a mis en œuvre fin décembre une interdiction visant les moins de 16 ans. En parallèle, le débat s’élargit aux interfaces d’intelligence artificielle générative, elles aussi accusées, par certains, de favoriser des comportements d’usage compulsifs.
L’issue de ce dossier aura valeur de précédent pour de nombreuses procédures similaires: d’autres procès sont déjà envisagés en avril et juin, tandis qu’un autre pourrait se tenir en 2026 devant un tribunal fédéral à Oakland. Sous pression, plusieurs plateformes ont annoncé des mesures d’encadrement pour les mineurs, dont des protections renforcées et des comptes dédiés aux adolescents.
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