Le traité New Start, dernier grand accord bilatéral de désarmement nucléaire entre les États-Unis et la Russie, arrive à expiration à partir de jeudi, marquant une bascule vers un ordre stratégique moins encadré.
Signé en 2010 à Prague par Barack Obama et Dmitri Medvedev, New Start fixait des plafonds stricts: 1.550 ogives stratégiques offensives déployées par pays, ainsi que 800 lanceurs et bombardiers lourds. Le texte reposait aussi sur un mécanisme central: les inspections mutuelles, pilier de la vérification.
Mais le traité était déjà largement vidé de sa substance. En août 2022, Moscou a annoncé la suspension des inspections, et aucune visite n’a eu lieu depuis. Restait surtout l’engagement de ne pas dépasser les plafonds, sans le cœur du dispositif: la vérification sur le terrain.
L’expiration de New Start fragilise davantage l’architecture du contrôle des armements et ravive la crainte d’une nouvelle course aux armements, même si des limites techniques pourraient freiner une remontée rapide des capacités. Côté américain, la remise en service de certaines têtes en stock serait plus aisée, sur fond d’efforts accrus autour de la production de tritium, élément clé de la dissuasion.
Surtout, le paysage nucléaire a changé. La montée en puissance de la Chine et l’irruption de nouvelles technologies, de la militarisation de l’espace à l’intelligence artificielle, compliquent les équilibres. Des projets comme le bouclier antimissile spatial envisagé par Washington nourrissent les inquiétudes russes, car ils touchent à un principe central: la vulnérabilité réciproque, socle historique de la dissuasion.
Pour certains experts, la fin de New Start pourrait aussi ouvrir la porte à une autre approche: encadrer les vecteurs, les systèmes, et certaines technologies, plutôt que de se limiter à compter les têtes nucléaires, voire définir des lignes rouges, comme exclure l’IA des armes atomiques.
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