À Dakhla et dans les régions du sud du Maroc, le thé dépasse le simple cadre d’une boisson quotidienne. Il constitue un rituel social profondément ancré dans la culture hassanie, fondé sur le partage, l’hospitalité et la convivialité.
Ce rituel repose sur un triptyque emblématique : “Jamaâ”, “Jamr” et “Jarr”. La Jamaâ renvoie au cercle des convives, car le thé sahraoui se vit avant tout en groupe, dans un moment de rencontre et d’échange. Le Jamr, ce sont les braises sur lesquelles le thé est préparé lentement, dans un temps qui participe pleinement à l’ambiance de la veillée. Quant au Jarr, il désigne la conversation qui se prolonge, nourrie d’anecdotes, de proverbes et parfois de poésie.
Dans une déclaration à la MAP, le chercheur Ahmed Messida souligne que le thé occupe une place privilégiée dans la société hassanie, où il représente l’un des héritages culturels et sociaux les plus marquants. Traditionnellement, il est servi en 3 verres successifs, chacun avec une intensité différente.
De son côté, le poète Mohamed El Hassan, vice-président de l’Association des poètes de Dakhla, rappelle que ce rituel est rarement dissocié de la poésie hassanie, qui accompagne souvent ces moments de convivialité.
Au-delà de sa dimension symbolique, le thé demeure aussi un pilier de l’hospitalité dans les régions du sud. Pendant le mois de Ramadan, il prend une résonance particulière, prolongeant les soirées familiales après la rupture du jeûne et la prière des tarawih.
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