La justice divine. Voilà sans doute les mots qui résument le mieux l’issue de cette Coupe d’Afrique des Nations 2025.
Nous nous sommes sentis dépouillés, écorchés vifs, volés, pillés. Le titre nous filait entre les doigts, alors même que nous avions organisé, de l’avis de tant d’observateurs à travers le monde, l’une des plus grandes, sinon la plus belle, éditions de l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.
Revenons aux faits. Il y a d’abord ce penalty incontestable sur Brahim Diaz. Il suffit de revoir les images pour comprendre qu’il n’y avait pas matière à débat. Et pourtant, dans la foulée, le stade s’embrase. Tollé général. Puis survient l’inimaginable : l’entraîneur sénégalais demande à ses joueurs de quitter le terrain, et une grande partie d’entre eux exécute cette consigne.
De notre côté, fidèles à cette posture de retenue, de hchouma, nous n’avons pas durci le ton. Nous n’avons pas voulu gâcher la fête. Nous avons préféré la mesure à l’escalade, sans imaginer un seul instant que certains n’étaient venus que pour cela : non pas pour faire rayonner le nom de l’Afrique, du football et du fair-play, mais pour nourrir le désordre, instrumentaliser la confusion et se glisser aussitôt dans le rôle de la victime.
Des supporters sénégalais sur le terrain, des accrochages avec les autorités, un climat de tension qui ne cessait de monter… et malgré tout, nous sommes restés dans la conciliation, dans une bienveillance presque instinctive.
Entre nous, je n’aurais jamais cru vivre cela de la part des Sénégalais. Ceux que l’on considérait comme des frères. Pourtant, n’est frère que celui qui sait vous soutenir dans la réussite comme dans l’épreuve, dans la victoire comme dans la défaite.
Au final, la justice a parlé. La justice humaine, et peut-être aussi la justice divine. La CAN 2025 est désormais officiellement marocaine.
Bien sûr, le goût n’est pas tout à fait le même. Le tumulte est passé. Chacun a repris le cours normal de sa vie. Mais l’histoire, elle, retiendra une chose essentielle : nul n’est au-dessus des lois. Ni des lois du terrain, ni des lois des hommes, ni de celles du ciel.
Reste alors une série de questions. Les joueurs sénégalais devront-ils restituer leurs médailles ? Qu’en est-il de la coupe, des primes, des récompenses et des terrains qui leur ont été accordés ? Les parieurs seront-ils remboursés ? Et Walid va-t-il revenir ?
Une leçon, en tout cas, s’impose : il ne suffit pas de proclamer qu’un pays est frère pour que la fraternité existe réellement. Dans les moments décisifs, les réactions révèlent les véritables positions de chacun. Et l’histoire, cruelle mais limpide, ne retient au bout du compte qu’une seule chose : le nom du porteur du titre.
Mehdi Msaddeq
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