Dans un récent entretien pour l’émission « Sur le fil du savoir » d’Infomédiaire, Maha Gmira, CTO de Solution AI et Docteure en intelligence artificielle, a partagé sa vision sur l’impact de l’IA et de la digitalisation dans le secteur de l’éducation. Elle y dessine les contours d’une transformation profonde, porteuse de promesses mais également de défis majeurs, notamment pour le continent africain.
Digitalisation et IA : des alliées pour un apprentissage sur mesure
L’un des apports majeurs de la discussion avec Maha Gmira est la clarification de la distinction entre digitalisation et intelligence artificielle. La digitalisation, explique-t-elle, est le socle qui permet de numériser les contenus et de les rendre accessibles. C’est une étape essentielle, mais l’intelligence artificielle vient y ajouter une couche d’intelligence qui révolutionne l’apprentissage. Grâce à des algorithmes avancés comme les modèles de langage (LLM), l’IA permet de personnaliser les parcours éducatifs en s’adaptant au rythme et aux besoins spécifiques de chaque apprenant.
« La digitalisation facilite l’accès à la connaissance, mais l’IA permet une personnalisation de l’apprentissage », souligne Maha Gmira.
Entre opportunités et gouvernance : le double visage de l’IA
Si les opportunités offertes par l’intelligence artificielle sont immenses, les craintes qu’elle suscite sont tout aussi légitimes. Maha Gmira insiste sur le fait que le principal défi n’est plus d’ordre technologique, mais bien managérial et éthique. La question de la confidentialité des données est au cœur des préoccupations, car de nombreux utilisateurs emploient ces outils sans en maîtriser les tenants et les aboutissants. Une gouvernance solide est donc indispensable pour encadrer l’usage de l’IA et garantir une utilisation sécurisée et éthique.
L’IA en Afrique : un levier de développement à double tranchant
Pour le continent africain, caractérisé par une forte croissance démographique et une population jeune, l’intelligence artificielle représente un formidable levier de développement. Cependant, le risque d’une « fracture de l’IA » est bien réel. Si les infrastructures ne suivent pas, l’IA pourrait creuser davantage les inégalités existantes. Il est donc crucial d’investir dans des infrastructures équitables pour que l’ensemble de la population puisse bénéficier du potentiel de ces nouvelles technologies.
Vers un nouveau paradigme éducatif centré sur l’apprenant
L’interview met en lumière un changement de paradigme dans le domaine de l’éducation. On passe progressivement d’un modèle traditionnellement centré sur l’institution universitaire à un modèle focalisé sur l’apprenant. L’objectif n’est plus seulement d’importer du savoir, mais de donner les moyens à chacun de le créer. Dans ce contexte, les technologies conversationnelles et vocales sont particulièrement prometteuses, notamment pour les publics en difficulté ou en situation d’analphabétisme, en offrant des solutions d’accessibilité inédites.
Pour que cette transformation soit une réussite, Maha Gmira appelle à une mobilisation de l’ensemble de l’écosystème : apprenants, formateurs, institutions et société civile. Des programmes de formation et de sensibilisation sont nécessaires pour accompagner ce changement. En conclusion, l’intervention de Maha Gmira nous rappelle que si la technologie ouvre des portes, c’est à nous de choisir le chemin que nous voulons emprunter, en plaçant l’éthique et l’inclusion au cœur de nos préoccupations.
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