Commission d’enquête sur le bétail : la majorité se fracture autour des aides publiques à l’importation

Le dossier des aides publiques accordées à l’importation du bétail et au soutien du secteur de l’élevage provoque de nouvelles tensions au sein de la majorité parlementaire. Alors que plusieurs composantes de la coalition gouvernementale se disent favorables à la création d’une commission d’enquête parlementaire, le Rassemblement national des indépendants (RNI) refuse de s’associer à cette initiative, révélant des divergences inédites sur un sujet particulièrement sensible.

À l’origine de cette démarche, les groupes parlementaires du PAM, de l’Istiqlal et du groupe constitutionnel démocratique et social (Union constitutionnelle) ont annoncé leur volonté de soutenir la mise en place d’une commission chargée d’examiner les différentes formes de soutien public accordées à l’importation du bétail ainsi qu’au secteur de l’élevage dans son ensemble. Les signataires souhaitent faire la lumière sur les mécanismes de financement, leurs bénéficiaires et leurs effets sur le marché.

Cette initiative rejoint une demande portée depuis plusieurs mois par les groupes de l’opposition, qui estiment nécessaire de clarifier l’utilisation des fonds publics mobilisés pour soutenir la filière, dans un contexte marqué par la hausse des prix de la viande rouge et les interrogations sur l’efficacité des dispositifs mis en place.

De son côté, le RNI considère que la création d’une telle commission n’est pas opportune. Le groupe parlementaire estime notamment que les délais restants avant la clôture de la session législative sont insuffisants pour mener à bien une enquête parlementaire et privilégie les autres instruments de contrôle prévus par la Constitution. Il invoque également la nécessité de préserver la cohésion de la majorité gouvernementale.

La constitution d’une commission d’enquête nécessite l’appui d’au moins un tiers des membres de la Chambre des représentants, soit 132 signatures. Si ce seuil est atteint, la commission pourra auditionner les responsables concernés sous serment et examiner les documents relatifs aux aides publiques accordées au secteur.

Au-delà de son aspect institutionnel, ce dossier s’impose désormais comme l’un des principaux sujets politiques de cette fin de législature, illustrant les divergences qui traversent la majorité à l’approche des prochaines échéances électorales.

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