Le marché obligataire marocain a poursuivi sa phase de détente au 3ᵉ trimestre 2025, dans un contexte marqué par une inflation contenue et une situation de financement jugée confortable pour le Trésor, selon Attijari Global Research (AGR).
Dans sa publication Research Report – Fixed Income, AGR indique que la moyenne de l’inflation sur les 9 premiers mois ressort autour de 1%, un niveau qui a conduit Bank Al-Maghrib à maintenir inchangées ses prévisions d’inflation pour 2025.
Sur le front des finances publiques, l’exécution budgétaire fait ressortir un solde ordinaire positif de 29 MMDH, tandis que le déficit budgétaire s’est creusé à 52,8 MMDH à fin septembre, contre 35,6 MMDH un an plus tôt. AGR attribue cette évolution à une progression des dépenses plus rapide que celle des recettes, malgré une dynamique fiscale robuste et un allègement de la charge de compensation.
Autre indicateur mis en avant : à fin septembre, près de 93% du besoin de financement annuel prévu par la loi de finances 2025 est déjà couvert, soit 71,7 MMDH sur un total de 77,1 MMDH, avec un schéma reposant largement sur des tirages extérieurs. Cette configuration se traduit, selon AGR, par une situation confortable du Trésor et des excédents de liquidité sur le marché monétaire, illustrés par un encours moyen quotidien des placements d’environ 15 MMDH.
Sur le marché primaire, l’offre en bons du Trésor demeure soutenue, tout en affichant un léger recul. La stratégie d’émission confirme un repositionnement vers les maturités moyennes, au détriment du long terme, avec l’objectif d’allonger progressivement la duration du portefeuille, de lisser le profil de remboursement après les tombées record de 2023 et de limiter le recours aux opérations d’échange.
Côté investisseurs, la demande en bons du Trésor recule de 26%, tout en restant à des niveaux élevés. Dans ce contexte, la combinaison d’une offre un peu moins dynamique et d’une demande toujours abondante, sur fond d’inflation maîtrisée et d’anticipations de baisse future des taux, s’est traduite par une poursuite de la détente des rendements sur la courbe primaire comme sur le secondaire, permettant au Trésor de se financer sans pression significative sur l’ensemble des segments.
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