Le patron du fonds souverain norvégien, le plus gros au monde, a annoncé mercredi sa démission qui prendra effet dès que la Banque centrale de Norvège, gestionnaire de la manne pétrolière, aura nommé son successeur.

L’annonce du départ de Yngve Slyngstad après 12 années à son poste survient quelques jours seulement après que les actifs placés sous sa responsabilité ont pour la première fois franchi le seuil symbolique des 10.000 milliards de couronnes (974 milliards d’euros).

Slyngstad, 56 ans, va néanmoins “continuer à œuvrer au développement de la stratégie d’investissement” du fonds, en créant notamment un nouveau portefeuille d’entreprises non cotées spécialisées dans les énergies renouvelables, a précisé la Banque de Norvège dans un communiqué.

L’annonce de sa démission a été faite peu après la publication des performances trimestrielles du fonds, qui a gagné 236 milliards de couronnes (23 milliards d’euros) au troisième trimestre, tiré par ses placements en obligations et actions particulièrement rentables en Amérique du Nord.

Censé faire fructifier les recettes pétrolières de l’Etat norvégien, le fonds a dégagé un rendement de 1,6% sur la période juillet-septembre, pour atteindre 9.742 milliards de couronnes (948 milliards d’euros) fin septembre. Le rendement était de 3,0% au deuxième trimestre.

“Le rendement des actions a été positif malgré les performances relativement modestes de l’activité industrielle dans le monde au cours du trimestre”, a noté la Banque centrale.

“Les mesures d’assouplissement monétaire en vigueur ou prévues aux Etats-Unis et dans la zone euro, ainsi qu’une baisse substantielle des taux d’intérêt à long terme ont probablement dopé le cours des actions”, a-t-elle ajouté.

Les placements en actions, qui représentaient 69,1% de son portefeuille, ont gagné 1,3%.

Les marchés aux Etats-Unis, qui représentent 40% des investissements en actions du fonds, ont dégagé un rendement de 2,9% alors que l’Europe a affiché un résultat neutre, plombée par le Royaume-Uni (-0,2%) dans un contexte d’incertitudes liées au Brexit.

Présent au tour de table de plus de 9.000 entreprises, le fonds norvégien contrôle l’équivalent de 1,4% de la capitalisation boursière mondiale.

Au troisième trimestre, les titres Apple, Alphabet (maison mère de Google) et Nestlé ont apporté les plus fortes contributions.

Les placements obligataires (28,2% de ses actifs) ont gagné 2,4% tandis que les investissements dans l’immobilier (2,8%) ont affiché un rendement modeste de 1,6%.