Près d’un enfant sur 6 dans le monde vit aujourd’hui dans une situation de conflit armé, a alerté à Genève la Haute Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’Homme, Nada Al-Nashif, à l’occasion de la journée annuelle sur les droits de l’enfant.
S’exprimant dans le cadre de la 61e session du Conseil des droits de l’Homme, elle a indiqué qu’en 2024, les conflits armés ont directement affecté environ 470 millions d’enfants, appelant à un renforcement urgent des mécanismes de prévention et de protection.
Réunissant des États, des agences onusiennes, des organisations de la société civile et des représentants d’enfants, cette rencontre a porté sur les violations commises contre les enfants dans les zones de guerre, ainsi que sur les moyens de renforcer leur protection, leur réintégration et leur accompagnement.
La Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, a souligné que ce débat intervient au moment où le mandat des Nations Unies sur cette question marque son 30e anniversaire. Malgré certains progrès, les violations graves contre les enfants demeurent à des niveaux très élevés, a-t-elle averti.
Elle a rappelé que des enfants continuent d’être tués, mutilés, recrutés, enlevés, victimes de violences sexuelles, privés d’aide humanitaire ou encore touchés par des attaques contre des écoles et des hôpitaux.
Mme Frazier a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement la protection de l’enfance dans les politiques de paix, de sécurité, d’action humanitaire, de droits humains et de développement, tout en renforçant la coopération internationale. Elle a relevé que plus de 40 plans d’action sont actuellement en vigueur entre l’ONU, des gouvernements et certaines parties aux conflits afin de traduire les obligations internationales en engagements concrets.
De son côté, Benoît Van Keirsbilck, membre du Comité des droits de l’enfant, a plaidé pour un effort prioritaire en faveur de la prévention des conflits, rappelant que leurs effets se prolongent sur plusieurs générations et que, dans certaines régions, des enfants n’ont connu que la guerre depuis leur naissance.
La cheffe du service juridique du Comité international de la Croix-Rouge, Cordula Droege, a pour sa part souligné que les enfants bénéficient déjà d’une protection complète en vertu du droit international humanitaire, du droit international des droits de l’Homme et du droit pénal international.
Selon elle, la crise actuelle ne résulte pas d’un manque de normes, mais d’un affaiblissement du respect de l’État de droit. Elle a appelé les États à renforcer leurs engagements politiques pour mieux protéger les civils et les enfants, notamment dans les écoles et les zones peuplées.
L’ensemble des intervenants a ainsi insisté sur l’existence d’un cadre normatif international solide, tout en soulignant que sa mise en œuvre reste insuffisante. Ils ont appelé les États à traduire leurs engagements en mesures concrètes, en plaçant la protection des enfants au cœur des politiques de paix et de sécurité.
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