Il suffit parfois d’un blocage dans un détroit, d’une tension géopolitique ou d’un ralentissement dans un port asiatique pour que l’économie mondiale vacille. Et dans ce grand jeu de dominos logistiques, le Maroc n’est pas en dehors de la table.
Car derrière les vitrines de croissance, derrière les grands projets et les ambitions industrielles, une réalité s’impose : le Royaume reste profondément dépendant des routes maritimes mondiales.
Aujourd’hui, plus de 90% des échanges commerciaux du Maroc passent par la mer. Une force… mais aussi une vulnérabilité.
Quand les coûts du transport maritime flambent, ce sont les importations qui deviennent plus chères. Quand les délais s’allongent, ce sont les chaînes d’approvisionnement qui se grippent. Et quand les routes se tendent, c’est toute l’économie qui retient son souffle.
Le paradoxe est là : le Maroc a investi massivement dans ses infrastructures portuaires, avec des hubs comme Tanger Med, devenu l’un des plus performants d’Afrique et de la Méditerranée. Une réussite stratégique incontestable.
Mais être un hub ne signifie pas être indépendant.
Car même les ports les plus modernes ne contrôlent ni les tensions en mer Rouge, ni les fluctuations du commerce mondial, ni les stratégies des grandes compagnies maritimes.
La question n’est donc plus de savoir si le Maroc est bien positionné.
Il l’est.
La vraie question est ailleurs : comment réduire cette dépendance sans renoncer à l’ouverture ?
Faut-il accélérer la production locale ?
Diversifier davantage les partenaires commerciaux ?
Renforcer la souveraineté logistique sur certains produits stratégiques ?
Dans un monde où les routes maritimes deviennent de plus en plus imprévisibles, la logistique n’est plus un simple outil économique.
Elle est devenue un enjeu de souveraineté.
Et pour le Maroc, l’équation est délicate : continuer à surfer sur les flux mondiaux… sans se laisser emporter par leurs tempêtes.
Mehdi Msaddeq
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