En Espagne, la population d’origine immigrée dépasse 20 % du total national, selon un rapport du Service jésuite d’attention aux migrants (SJM) basé sur des données officielles au 1er janvier 2025. L’étude chiffre cette population à 9.963.353 personnes, soit 20,28 %, en incluant les personnes nées à l’étranger et les étrangers nés en Espagne.
Le rapport souligne que l’immigration est devenue le principal moteur de la croissance démographique. Entre 2021 et 2025, la population totale a augmenté de 1,7 million, tandis que la population d’origine immigrée a progressé de plus de 2,1 millions, compensant une baisse de 429.133 personnes parmi les Espagnols nés en Espagne.
Le Maroc reste le premier pays d’origine, avec 1.165.955 personnes nées au Maroc et 968.999 résidents de nationalité marocaine, soit 12,37 % de l’ensemble des personnes nées à l’étranger. L’évolution récente des flux est portée par l’Amérique latine: en 2024, les hausses les plus fortes concernent la Colombie (+121.425) et le Venezuela (+92.547), alors que les ressortissants roumains, britanniques et ukrainiens reculent. Les inscriptions de ressortissants sénégalais progressent aussi en 2024 (+13.711), tandis que pour d’autres nationalités, notamment les Maliens, Guinéens et Mauritaniens, l’Espagne reste un pays de transit.
Sur le plan territorial, les îles Baléares affichent la plus forte proportion de population née à l’étranger (28,68 %), devant la Catalogne (25,10 %), la Communauté de Madrid (24,88 %) et la Communauté valencienne (24,11 %). Dans des régions vieillissantes comme les Asturies, l’immigration constitue désormais un facteur central de croissance.
Dans ce contexte, le gouvernement espagnol annonce un plan de régularisation susceptible de bénéficier à près de 500.000 migrants en situation irrégulière. La ministre Elma Saiz a indiqué que la mesure concernerait des personnes présentes en Espagne depuis au moins 5 mois et arrivées avant le 31 décembre 2025.
À partir d’avril, les demandes pourront être déposées jusqu’au 30 juin, avec l’objectif de soutenir l’économie et d’offrir des droits et opportunités à des personnes déjà installées. Pour accélérer la mise en œuvre, l’exécutif recourt à un décret royal, en l’absence de majorité absolue au Parlement. La réforme s’inscrit dans le prolongement d’une initiative soutenue par plus de 600.000 signataires et environ 900 associations.
Selon le ministère de l’Intérieur, près de 37.000 migrants en situation irrégulière sont arrivés en Espagne en 2025, en baisse de 42,6 % par rapport à 2024 (environ 64.000).
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