Les Nations-Unies ont lancé, mercredi, un plan mondial d’aide humanitaire de 2 milliards de dollars pour financer la lutte contre la pandémie de COVID-19 dans les pays les plus pauvres du monde, notamment ceux confrontés à des crises humanitaires.

“A présent, le virus fait son apparition dans des pays qui étaient déjà en proie à des crises humanitaires provoquées par des conflits, des catastrophes naturelles ou des changements climatiques”, a averti le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d’une téléconférence pour annoncer le lancement de ce plan.

“Nous devons venir en aide aux plus vulnérables parmi nous, soit les millions et millions de personnes qui sont les moins en mesure de se protéger. C’est là un devoir élémentaire de solidarité humaine. C’est également une condition essentielle pour combattre le virus”, a affirmé M. Guterres.

Coordonné par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations-Unies, ce plan interinstitutionnel regroupe des appels déjà formulés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et d’autres partenaires de l’ONU et recense, en outre, les besoins nouveaux.

“S’il est suffisamment financé, il permettra de sauver de nombreuses vies et de doter les organismes humanitaires et les organisations non-gouvernementales du matériel de laboratoire requis pour effectuer des tests, et du matériel médical nécessaire pour soigner les malades, tout en protégeant le personnel sanitaire”, a assuré le chef de l’ONU.

Le plan prévoit également d’autres mesures visant à soutenir les communautés d’accueil qui continuent à ouvrir généreusement leurs maisons et leurs villes aux réfugiés ou aux personnes déplacées.

Le Secrétaire général s’est inquiété que la pandémie de COVID-19 atteint maintenant des régions du globe “où des personnes, contraintes de fuir les bombardements, la violence ou les inondations, vivent sous des bâches en plastique sur des terrains vagues ou entassées dans des camps de réfugiés ou dans des installations de fortune”.

Sans domicile où s’isoler ou pratiquer la distanciation sociale, ces personnes “manquent du strict minimum pour se protéger du virus – de l’eau propre et du savon pour se laver les mains”.

“Si, de surcroît, elles tombent gravement malades, elles n’ont aucun moyen d’accéder à un système de santé qui puisse leur offrir un lit d’hôpital et un respirateur”, a fait observer M. Guterres.

“Le monde n’est aussi fort que le plus faible de nos systèmes de santé. Si nous ne prenons pas, dès à présent, les mesures qui s’imposent, je crains que le virus ne s’installe dans les pays les plus fragiles, exposant ainsi la planète toute entière alors qu’il continue de s’y répandre, sans se soucier des frontières”, a-t-il averti.

“Le moment est venu d’agir pour protéger les plus vulnérables”, a affirmé le chef de l’ONU, soulignant qu’il est “indispensable de soutenir ce plan d’aide humanitaire pour la sécurité sanitaire mondiale”.

“Il s’agit là non seulement d’un impératif moral mais il en va, de plus, de l’intérêt de toutes et tous. C’est, enfin, une étape essentielle pour gagner ce combat. J’appelle les gouvernements à apporter tout leur soutien à ce plan”, a-t-il conclu.