Quand les droits de l’Homme deviennent des données, tout change

À Rabat, le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) a réuni, jeudi, les acteurs clés de la statistique publique, des institutions et de la société civile autour d’un chantier aussi technique que décisif : le projet d’indicateurs des droits de l’Homme au Maroc.

L’objectif est clair : mettre en place un système national d’indicateurs capable de servir de référence objective pour mesurer le respect des engagements et obligations en matière de droits de l’Homme, en transformant les garanties prévues par la loi en données statistiques étayées par des preuves.

Conçu comme un atelier technique national, ce rendez-vous a permis de présenter le projet aux parties prenantes, de le replacer dans son contexte institutionnel, et surtout de construire une compréhension commune des raisons et des modalités d’une approche fondée sur la mesure des droits de l’Homme. Il s’agit aussi d’obtenir une validation technique, d’évaluer la faisabilité de la collecte et de la cartographie des données, et de consolider l’engagement des institutions concernées à fournir des informations de façon périodique et systématique.

Cette logique vise à dépasser une coopération ponctuelle et non structurée, pour aller vers un système national officiel de suivi, en mesure d’alimenter et d’actualiser régulièrement les indicateurs.

Dans son allocution, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, a souligné que cette étape marque une avancée : passer de la phase « que mesurons-nous » à celle de « comment mesurons-nous ». Une transition qui ambitionne de quitter la conception théorique pour la mise en œuvre pratique, et d’ouvrir le projet à un débat public participatif afin d’en faire un outil approprié par l’ensemble des acteurs.

Pour Mme Bouayach, l’enjeu ne se limite pas à la solidité procédurale des indicateurs, mais à leur capacité à refléter fidèlement le contenu des droits, conformément aux impératifs de justice, de dignité et d’égalité. Elle a également insisté sur un point essentiel : malgré son caractère technique, l’approche ne peut être purement technique. Elle doit rester fondée sur les droits de l’Homme dans la manière de traiter les données.

L’atelier a rassemblé notamment des représentants du CNDH, du Haut-Commissariat au Plan, des producteurs de données et responsables de la planification et des statistiques de plusieurs ministères, ainsi que des représentants d’ONG et des experts académiques issus de centres de recherche et d’universités.

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